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Musique antillaise et caribéenne : 50 titres incontournables

Zouk, kompa, soca, dancehall : une playlist prête pour votre soirée.

Quel-DJ est ravi de vous présenter sa playlist musique antillaise & caribéenne.

À travers cette sélection de 50 titres, nous avons souhaité vous proposer un véritable voyage sonore. Du bèlè martiniquais au gwo-ka guadeloupéen, du kompa haïtien au zouk moderne, des carnavals de Trinidad au dancefloor urbain d’aujourd’hui, cette sélection reflète l’extraordinaire diversité culturelle d’un archipel façonné par l’Afrique, l’Europe, l’Asie et les Amériques.

Une base volontairement transversale, qui ne constitue cependant qu’une porte d’entrée. Pour approfondir chaque courant musical, nos sélections dédiées (zouk love, kompa, shatta, dancehall…) vous permettront d’affiner l’ambiance selon votre public et votre événement.

Bonne (re)découverte.

Playlist musique antillaise et caribéenne (zouk, kompa, soca, dancehall)

Dernière mise à jour :
12/02/26


Patrimoine & bals : les racines pour lancer l’ambiance.

CALYPSO ROSE – Abatina

01
Au cours de l’été 2016, la reine septuagénaire du calypso nous prouvait que son art ne se limite pas au carnaval de Trinité-et-Tobago. Nous sommes loin, certes, de la sautillante soca mais l’envie de danser est irrésistible. La musique caribéenne est célébrée ici dans une ambiance résolument positive et fédératrice. Une pépite que nous devons principalement à Manu Chao, producteur remarquable de l’album « Far From Home ».

ETHNIKOLOR – Bel Biguine

02
Les héros modernes de la musique créole (parmi lesquels Ronald Rubinel, Edith Lefel ou Jacob Desvarieux) ont uni leur talent en 1990 afin d’apporter un souffle nouveau à leurs anciennes chansons traditionnelles. « Bel Biguine » est un medley de 12 minutes 45 extrait de ce beau projet, regroupant des airs connus et toujours appréciés dans les bals populaires. Tous les experts s’accordent à dire que la biguine antillaise, véritable patrimoine culturel, est un ancêtre du jazz de La Nouvelle-Orléans. Son déclin coïncidant finalement avec l’émergence des rythmes cubains et haïtiens, qui donneront à leur tour naissance au zouk.

GILLES SALA – Adieu Foulard, Adieu Madras

03
Guadeloupéen né au Cameroun, Gilles Sala aura fait de sa voix chaude l’instrument de toute une carrière. Auteur de succès notables dès les années 50, ses chansons s’inscrivent principalement dans le folklore antillais : biguines et mazurkas, particulièrement appréciées du public. Également homme de radio, l’artiste s’est investi dans la promotion de la musique noire, et africaine en particulier. Il officie notamment au sein d’Africa n°1, et ce jusqu’à son décès en 2016. Un grand homme, immortalisé par un magnifique « Adieu Foulards, Adieu Madras », qui s’adresse particulièrement aux nostalgiques d’une époque bel et bien révolue.

GUSTAVE FRANCISQUE – Gwada Haute Taille

04
Danse de salon dérivée de la quadrille européenne, la haute-taille reste considérée comme un marqueur identitaire des bals créoles. Elle demeure par ailleurs aussi vivante en Martinique qu’en Guadeloupe. Ardent défenseur de la musique traditionnelle, Gustave Francisque en propose une lecture fidèle en 2018 sur son album Hommage aux aînés. Ici, le saxophone endosse le rôle de commandeur : il dicte les pas et les mouvements, donnant à la danse toute sa dimension vivante et performative.

GUY CONQUETTE – Jo Mayé Dé Graine Dé La

05
Maître du gwo-ka chanté et joueur de tambour hors pair, Guy Conquette est souvent décrit comme un « nèg marron de la culture ». Son œuvre s’inscrit, en effet, dans une logique de transmission libre, populaire et affranchie des cadres institutionnels. Profondément ancré dans la tradition guadeloupéenne, « Jo Mayé Dé Graine Dé La » se distingue par son caractère entraînant et immédiatement reconnaissable. Le titre illustre parfaitement la dimension vivante du gwo-ka, telle qu’elle s’exprimait lors des bals, veillées et rassemblements festifs, où chant, tambour et danse formaient un tout indissociable.

MARCÉ & SON GROUPE TOUMPAK – Matadô

06
Au tournant des années 1980, la musique antillaise se modernise. Mais un courant traditionaliste continue de défendre avec ferveur le tibwa, le chouval bwa et le bèlè. Porté, entre autres, par Bernard Pago (Marcé), il revitalise le folklore des campagnes. Il prouve ainsi qu’il demeure dansant, spirituel et profondément rassembleur. Pour cela, Marcé réinvente son instrument de prédilection, le ti-bois sur pied. Inspiré par le zouk naissant mais solidement ancré dans son ADN rythmique hérité du chouval bwa et du tibwa, Matadô s’inscrit dans le zouk chouv’ : une proposition artistique moderne, revendiquant pleinement ses racines et ses pratiques ancestrales.

NJIE – Mazouk Ethnie

07
Belle et talentueuse, incarnant le profil idéal de la chanteuse de zouk love à succès, NJIE ne s’est pourtant jamais contentée de suivre une vague. Son titre « Mazouk Ethnie » fusionne la mazurka créole et des sonorités plus contemporaines. Il rappelle ainsi, en 2012, que les musiques de bal constituent le socle vivant du zouk. La présence de Ronald Rubinel derrière ce projet n’a rien d’anodin. Figure majeure de la transmission musicale antillaise, l’artiste martiniquais a largement contribué à son rayonnement international et notamment en Afrique. Véritable pont transatlantique, « Mazouk Ethnie » convoque ainsi le soukous, le ndombolo ou encore le zoblazo, offrant à NJIE un classique qui continue de faire rayonner la musique antillaise partout à travers le monde.

TI-CÉLESTE – Chien la Japper

08
Aurélien Céleste, alias Ti-Céleste, fut la voix du gwo-ka durant près d’un demi-siècle. Son timbre expressif et unique, mais surtout son sens aiguisé du verbe témoignent d’un rapport fusionnel avec les tambours qui marquent ce genre musical aussi spirituel que dansant. Son morceau Chyen La Japé, produit en 1976 par les Disques Debs, illustre parfaitement son art de conteur créole, de témoin et de passeur. Le chanteur guadeloupéen y met en scène un chien attaché et donc empêché de se mouvoir comme il le voudrait. En réalité, derrière cette métaphore de l’aliénation, c’est la condition héritée de l’esclavage qui y est dépeinte. Un morceau au sens double, qui résonne fortement en léwoz avec une grande maîtrise du chant à réponn, et dans lequel la parole semble avoir autant d’importance que la démonstration rythmique.

EUGÈNE MONA – Ti Milo

09
« Ti Milo » fait référence à Ti Émile, chanteur folklorique chassé violemment de scène par le public lors d’une représentation en 1976. Jimmy Cliff est alors programmé en tête d’affiche au Hall des sports de Fort-de-France. Trop impatient d’assister à la prestation de la superstar, le peuple n’hésita pas à offenser l’un des piliers de sa propre culture. Eugène Mona fut bouleversé par un traitement aussi injuste. Lui qui déployait également tout son être afin de transcender le bèlè des ancêtres. Artiste authentique, il connut lui aussi un évident manque de reconnaissance de son vivant. Il accumule les hommages comme l’admirable dancehall d’Admiral T, applaudi par l’ancienne comme par la nouvelle génération.

TI EMILE – Milo dé

10
Figure majeure du bèlè, Ti Emile livre en 1971 un titre profondément enraciné dans la mémoire collective : « Milo dé ». Derrière sa simplicité apparente, le morceau concentre l’essence même du chant de constat, de prévention et de résistance. Le chanteur martiniquais y évoque Milo, son alter ego. Mais la portée de son propos dépasse l’individu pour embrasser, en réalité, une dimension résolument collective. Face à la misère, à la déshumanisation et aux tentations d’une économie illégale, Ti Emile fait entendre son message : seules la foi, la solidarité et la force de l’esprit guerrier permettent de tenir debout. Porté par le dialogue constant entre le tambour et le chœur, qui se reconnaissent, se répondent et s’élèvent avec une justesse saisissante, « Milo dé » trouve dans le léwoz de Martinique des années 70 son cadre d’expression le plus puissant, là où la parole, le rythme et le corps ne forment plus qu’un.

RACINE MAPOU DE AZOR – Gran Bwa / Samba Samba Poko Samba

11
Solidement enracinée dans la tradition afro-caribéenne, la musique racine se démarque par ses rythmes puissants. Le groupe Racine Mapou de Azor les exprime avec force depuis les années 80. Fondé par Azor, maître percussionniste et leader spirituel très influent en Haïti, le projet associe son nom au mapou. Cet arbre mystique symbolise la connexion entre le monde physique et spirituel. Leurs performances s’articulaient autour de cérémonies vaudou, offrant au public une expérience immersive d’une rare intensité. Et si le décès d’Azor en 2011 n’a pas freiné leur vocation, « Gran Bwa » reste un jalon majeur du répertoire.

RAM – Jacomel

12
RAM pour Richard A. Morse, chanteur et fondateur de ce groupe qui n’aura eu de cesse d’édifier la mizik rasin. Musique de transe profondément ancrée dans le peuple haïtien, la mizik rasin peut être considérée comme l’expression contemporaine des traditions vaudou. Les chants créoles s’y articulent autour de cornes de rara et de tambours pétro, dans une énergie carnavalesque souvent porteuse de messages sociopolitiques contestataires. Jacomel, sorti en 1999, demeure un morceau d’ancrage territorial et culturel majeur dont la signature sonore rock est typique du groupe. Il renvoie à la ville coloniale de Jacmel, haut lieu de la diversité artistique haïtienne. Écrit quelques mois après le passage du cyclone Georges, le titre s’impose comme une incantation adressée à la divinité du temps « Madan Letan ». Il y est évoqué un peuple résilient, mais en quête d’élévation après tant d’épreuves subies.
TI EMILE – Milo dé (pochette)
MARCÉ & SON GROUPE TOUMPAK – Matadô (pochette playlist antillaise)
musique antillaise EUGÈNE MONA – Ti Milo (pochette)

La musique Kompa occupe un rang majeur au sein de toutes les Antilles. Retrouvez-en les classiques à travers la sélection Q-DJ.

Zouk & kadans : le cœur de la musique antillaise moderne.

ALAN CAVÉ – Sé pa pou Dat

13
Direction la fière Haïti, berceau du kompa et matrice essentielle du zouk moderne. Avec son groupe new-yorkais « Zin », Alan Cavé a marqué la scène kompa caribéenne en enchaînant les tubes novateurs qui ont traversé les années 90. En solo, sa voix veloutée et son sens de l’écriture s’expriment pleinement sur « Sé pa pou Dat ». Grand classique de l’année 2000, le titre s’impose aussi comme l’une des plus belles déclarations d’amour qui soit. Fait notable, ce joyau de la musique antillaise fait l’unanimité au-delà des clivages de styles et constitue toujours une valeur sûre des soirées zouk/kompa, toutes générations confondues.

BLACK AFFAIRS – Sa Mwen Di Ou Fé (Aïe Manaman)

14
Black Affairs signait, dans les années 90, cette perle de cadence-lypso qui fédérait les générations. Chanté en créole, le morceau s’inscrit dans une tradition popularisée dès les années 70 par Exile One. Ce style, parfois simplifié sous l’appellation de calypso antillais, résulte en réalité de la rencontre entre le calypso de Trinidad, la cadence rampa haïtienne ainsi que des rythmes du jing ping dominiquais. Un titre fédérateur, taillé pour les soirées caribéennes intergénérationnelles.

CARIMI – Ayiti (Bang Bang)

15
Souvent désigné à tort sous le titre « Sensible à la gâchette », ce morceau culte de CARIMI illustre la facette engagée du groupe. Carlo Vieux, Richard Cavé ainsi que Mickaël Guirand formaient, dans les années 2000, l’un des trios les plus populaires de la scène haïtienne. Leur kompa nouvelle génération, résolument orienté vers la danse, n’en portait pas moins un message dur sur la réalité du pays, laissant rarement indifférent. La diaspora haïtienne se mobilisait massivement lors de leurs tournées aux États-Unis, en Europe, en Afrique comme dans toute la Caraïbe. Leur séparation en 2016 tient, finalement, davantage aux difficultés à gérer un succès fulgurant qu’à une désaffection du public.

CHIKTAY – La pli si Tol

16
Difficile pour un natif de la Guadeloupe de ne pas avoir entendu parler de Chiktay dans les années 1980. Ce groupe était alors considéré comme l’un des plus enthousiasmants de la musique antillaise. En huit albums, Harry Soundourayen et Jean Zenarre ont posé les bases d’un zouk de première génération aujourd’hui qualifié de rétro, mais qui faisait figure de référence dans les soirées et dictait le tempo des plus belles fêtes de l’époque.

EDITH LEFEL – Somnifère

17
La chanteuse guyano-martiniquaise entretenait une relation assez particulière avec son public pour lequel elle semblait tout donner. De la considération, du respect, mais aussi une énergie qui se sublimait jusque dans sa voix. Portée comme par une grâce divine, elle a ainsi livré une dizaine d’albums qui ont profondément marqué toute une génération. Parmi ses classiques de zouk rétro, on cite naturellement « Mon Ange », mais aussi ce « Somnifère » écrit par son compagnon : l’illustre auteur-compositeur Ronald Rubinel. Edith Lefel est décédée en 2003, à l’approche de ses 40 ans.

EXPERIENCE 7 – Mwen ké déviré

18
Groupe guadeloupéen central dans l’histoire des bals antillais, Expérience 7 incarne le chaînon entre kadans et zouk populaire. « Mwen ké déviré » est typique de cette période 70/80 : une cadence irrésistible, des arrangements pensés pour la scène, mais surtout une écriture créole directe. Un morceau de 1985 qui « fait bal » instantanément, et qui s’inscrit pleinement dans l’héritage festif du zouk antillais.

FANNY J – Ancrée à ton Port

19
Le parcours de Fanny J est intimement lié à celui de son compatriote guyanais Warren. C’est ce dernier qui lui a offert ce tube majeur sorti en 2007, après avoir décelé un potentiel vocal qui n’a rien à envier aux plus grandes divas US. « Ancrée à ton Port » s’inscrit en définitive parmi les grands classiques du zouk love. Le titre, immédiatement identifié en soirée, connaît par ailleurs un rayonnement international durable.

FRANCKY VINCENT – Fruit de la Passion (vas-y Francky c’est bon)

20
Figure clivante, érigée en icône populaire par les uns et volontiers tournée en dérision par les autres, Francky Vincent demeure avant tout une personnalité notable de la musique antillaise dans l’espace francophone. Le répertoire du chanteur guadeloupéen, façonné dès les années 1980 autour de chansons grivoises et festives, a largement contribué à son succès durable en radio comme en discothèque. Et si le zouk festif occupe aujourd’hui une place moins centrale dans les programmations populaires, la notoriété du personnage, elle, ne semble jamais réellement décliner.

IRA ENJARIC – Eroshima Ça n’se dit pas

21
Ira Enjaric incarne, avec ce titre, la facette la plus légère et volontairement provocatrice du zouk festif guadeloupéen des années 80/90. Fidèle à un registre fait de nonchalance et d’humour volontiers grivois, le zoukeur-slameur s’inscrit dans une tradition populaire où la dérision et le second degré primaient sur toute lecture littérale. « Eroshima (Ça n’se dit pas) » reflète ainsi une époque et des codes aujourd’hui datés, mais demeure représentatif de cette musique antillaise festive qui animait les pistes de danse et les bals de plein air.

KASSAV’ – Zouk la sé sèl médikaman nou ni

22
Avec Kassav’, la musique antillaise retrouve dès le début des années 1980 une conscience patrimoniale forte. En effet, le groupe, fort de plus de 2 000 concerts à travers le monde, a remis en lumière l’héritage de ses pionniers. Attaché à la musique populaire du carnaval, il s’est formé autour d’une ambition créative claire : forger un style nouveau, baptisé zouk. Pensé comme une synthèse des influences traditionnelles créoles, ce genre s’impose rapidement comme une musique résolument festive et capable de s’exporter bien au-delà des Antilles. Pendant plus de 40 ans, Kassav’ a revendiqué avec fierté son identité culturelle. « Zouk la sé sèl médikaman nou ni », littéralement « Le zouk est notre seul médicament », s’impose en 1984 comme un véritable hymne. Un chant de fête et de rassemblement, révélant les liens profonds entre les Antilles et l’Afrique, et faisant la fierté de la diaspora antillaise à travers le monde.

LES AIGLONS – Cuisse La

23
Quand on évoque la musique antillaise populaire, c’est le nom de Kassav’ qui revient le plus souvent. Pourtant, dans les années 70, Les Aiglons enchaînaient disques à succès et tournées internationales. En chefs de file de la kadans, style largement influencé par les musiques latino-américaines, les frères d’Alexis ainsi que leurs acolytes ont livré une poignée de grands classiques, comme cet inoubliable « Cuisse la ».

MALAVOI – La Guadeloupéenne

24
Institution martiniquaise, Malavoi a, avant tout, popularisé cette approche orchestrale de la musique créole portée par les cordes et un sens mélodique unique. « La Guadeloupéenne » est l’un de ces titres patrimoniaux capables de toucher un public très large, notamment en début de bal ou lors d’une transition plus élégante. Une respiration raffinée, qui apporte une touche de distinction sans rompre le fil festif de la soirée.

MIDNIGHT GROOVERS – Anita

25
Rois du cadence-lypso et du reggae dominiquais, Chubby Phillip Mark et son frère Marcel sont l’âme des Midnight Groovers. Fondé à Grand Bay dans les années 1970, le groupe s’inscrit dans le sillage des précurseurs d’Exile One. « Anita » illustre parfaitement cette période féconde : une chanson à l’écriture directe, adoptant une posture de séduction douce taillée pour divertir lors des bals caribéens.

SUPER COMBO – Moin Domi Dewo

26
Véritable bijou du patrimoine de la musique antillaise, cet hymne de Super Combo s’inscrit dans la pure tradition de la kadans rampa. Il évoque avec dérision les désillusions de l’exil parisien vécu par un jeune Guadeloupéen, parti vers un Eldorado qui se limite, en fin de compte, au froid et à la misère du dehors. Toute une génération de la diaspora a été touchée par cette œuvre de 1975, qui exprime à la fois la nostalgie du pays et la réalité des conditions d’installation souvent humiliantes liées au programme BUMIDOM. Et si Super Combo a surtout marqué la scène musicale entre 1965 et 1985, leurs sonorités, devenues historiques, continuent de résonner auprès des jeunes générations.

MAX CILLA – La flûte des Mornes

27
Très jeune, Max Cilla entreprend de ressusciter la toutou’n bambou. Une flûte traditionnelle utilisée autrefois par les Nègres marrons réfugiés dans les collines escarpées de Martinique afin d’échapper au système plantationnaire. Né en 1944 dans une rue Cases-Nègres, il rebaptise cet instrument en bambou « flûte des mornes » et en revendique l’authenticité culturelle. Longtemps dénigré car associé à une musique paysanne jugée archaïque, son art s’inscrit pourtant dans une démarche de réhabilitation patrimoniale assumée. Le bambou et la flûte deviennent chez Max Cilla les vecteurs d’un souffle presque ésotérique. Sa rencontre à Paris avec des jazzmen de premier plan conforte et nourrit sa démarche d’ouverture. En 1981, le morceau instrumental « La flûte des Mornes » témoigne de la dimension à la fois spirituelle et syncrétique de son œuvre. Un voyage musical suspendant le temps et l’écoute, tout en demeurant dansant. Une respiration précieuse au cœur du paysage musical antillais.

ZOUK MACHINE – Maldon (La musique dans la peau)

28
De 1986 à 2008, Zouk Machine réunit trois choristes d’Expérience 7, un autre groupe phare de Guadeloupe. Son succès est fulgurant, porté notamment par le tube « Sové Lanmou » qui s’impose jusqu’en Afrique à la fin des années 80. Remanié à plusieurs reprises, le trio féminin connaît ensuite une consécration avec « Maldon ». Classé n° 1 du Top 50 en 1990, le morceau devient un hymne de la musique antillaise. Aussi, il demeure un standard des fêtes populaires en métropole.
Musique Caribéenne KASSAV – Zouk La Se Sel Medikaman Nou Ni (pochette)
THIMOTHEY HÉRELLE – Ta Mwen Ca Taw (pochette)
MIDNIGHT GROOVERS – Anita (pochette playlist musique antillaise)

Activez notre sélection zouk love pour créer un moment de complicité sur la piste.

Carnaval & soca / jump up : l’énergie collective des Caraïbes.

ALISON HINDS – Faluma

29
Figure majeure de la soca caribéenne, Alison Hinds s’impose dès la fin des années 1980 comme l’une des premières voix féminines à investir durablement ce genre. « Faluma » est considéré comme un véritable hymne populaire à la Barbade. Par ailleurs, le titre est régulièrement repris lors des grands rassemblements festifs. Un standard de la musique caribéenne dont l’impact reste pourtant largement méconnu en France métropolitaine.

ARROW – Hot Hot Hot

30
Hymne planétaire du carnaval, « Hot Hot Hot » a traversé les décennies en conservant un pouvoir rare. Celui notamment de faire sourire et bouger instantanément, même un public non initié. Arrow, originaire des Petites Antilles britanniques, parvient à condenser, en 1982, l’esprit fête totale. Le morceau s’appuie en effet sur un refrain mémorisable, une énergie communicative, mais surtout une simplicité redoutable afin d’installer une ambiance de liesse.

KASIKA & BENZO – Medley Kannaval

31
Ce medley d’ambiance remonte à l’année 1996, certes. Mais il s’ancre toujours aussi bien dans l’univers du carnaval guadeloupéen et martiniquais. Avec ses percussions, ses refrains taillés pour la rue, et cet esprit de bande, il rappelle enfin que l’énergie de carnaval ne se limite pas à la soca anglophone. Elle existe bel et bien aux Antilles françaises, avec ses propres codes et une réelle ferveur populaire.

KES THE BAND – Hello

32
Porte-étendard des carnavals et ambiances festives de Trinidad-et-Tobago, KES s’impose en 2018 comme l’un de leurs représentants les plus visibles à l’international. Rarement un titre issu de l’île n’a connu une diffusion aussi massive que « Hello ». Un classique du soca moderne, célébrant la sensualité et le lâcher-prise sur le dancefloor.

MACHEL MONTANO – Mr. Fete

33
Si la soca moderne s’inscrit désormais dans une logique de titres événementiels, pilotée par des producteurs-stars tels que XplicitMevon ou Diego Martin, Machel Montano fut quant à lui l’un des premiers à la populariser à l’international. Le Trinidadien signe avec « Mr. Fete », en 2012, un concentré d’efficacité carnavalesque capable de retourner une foule. L’impulsion rythmique du titre est irrésistible, soutenue par un refrain taillé pour être repris en chœur. Une valeur sûre, qui ne doit toutefois pas occulter les sorties plus récentes du chanteur.

MR. KILLA – Run Wid It

34
Originaire de la Grenade, Mr. Killa incarne une soca brute, pensée pour les pics d’énergie. « Run Wid It », sorti en 2019, fonctionne comme un accélérateur de tension carnavalesque. Son rythme est nerveux, déclenchant une sensation de « climax » dès l’entame. Un morceau à réserver, donc, aux moments où la piste de danse est déjà en fusion.

NIGEL & MARVIN – Follow da Leader

35
La France en liesse, fraîchement victorieuse de la Coupe du monde de football en 1998, a massivement adopté ce soca jump-up venu de Trinité-et-Tobago. Une chanson de fête, tube de l’été par excellence, cristallisant des moments de joie pour de nombreux témoins de l’époque. Aujourd’hui, Nigel et Marvin sont toujours capables d’irradier les pistes de danse, sans sombrer dans une posture kitsch ou dégradante pour un genre qui demeure si populaire dans les îles anglophones de la Caraïbe.

PROBLEM CHILD – Nasty Up

36
Hymne de fête et de carnaval débridé, la soca jump up semble avoir trouvé en Problem Child l’un de ses plus illustres représentants. Originaire de St. Vincent & the Grenadines, l’artiste se distingue par des performances capables d’hypnotiser les foules et de transformer chaque prestation en véritable déferlante d’énergie collective. Auteur de nombreux hits populaires dans la Caraïbe, il s’est notamment imposé sur les routes du carnaval en décrochant à deux reprises le Road March. Nasty Up (2020) s’inscrit pleinement dans cette tradition festive, mettant en avant l’exubérance, la ferveur et l’esprit résolument joyeux propres à la culture vincentienne.

RUPEE – Tempted to Touch

37
Plus groove que frénétique, Tempted to Touch s’impose comme un classique soca particulièrement accessible, idéal pour accrocher un public métropolitain. Le morceau joue sur les codes de la danse et de la séduction, porté par une énergie solaire caractéristique des hits caribéens du début des années 2000. Une excellente option afin de varier la sélection sans quitter l’esprit festif du carnaval.

TAXI COLOR – Ziggy (Cé An Makoumé)

38
En 1994, Taxi Color proposait ainsi un morceau à l’humour volontairement outrancier, typique des joutes carnavalesques : Ziggy (Cé An Makoumé). Derrière son énergie joyeuse et son ambiance résolument festive, le titre reflète aussi un contexte culturel daté. En outre, certaines références peuvent aujourd’hui susciter un regard plus critique. « Ziggy » reste néanmoins intéressant pour illustrer l’atmosphère du carnaval et de la musique antillaise d’hier, à manier avec discernement selon le public et le cadre de diffusion.

NIKO Feat REALITY BIMASS – Bimass Boss

39
Véritable titre d’ambiance et d’animation pure, ancré dans la réalité du carnaval guadeloupéen, ce morceau illustre parfaitement l’énergie festive portée par Niko et Reality Bimass. Ici, nous sommes loin d’une production aseptisée. Il s’agit plutôt d’une formation musicale inclusive, qui semble avant tout inviter petits et grands à la fête. Cette collaboration de 2025 nous plonge dans des rues colorées et festives de Baie-Mahault. Son énergie communicative est idéale pour faire monter la température en cours de soirée.
musique antillaise ALISON HINDS – Faluma/Makelele (pochette)
NIGEL & MARVIN – Follow da Leader (pochette)
TAXI COLOR – Ziggy (pochette)

Pour un lâcher-prise total, laissez-vous séduire par notre playlist Shatta / Bouyon

Dancehall / ragga / urban caribbean : la vibe club actuelle.

1T1 feat. THÉOMAA – Bouwey

40
Avec Bouwey, 1T1 et Théomaa incarnent la modernité du bouyon / urban créole. Un courant, et même un morceau, devenu très populaire auprès des jeunes publics. Porté par un tempo nerveux et une efficacité mélodique immédiate, Bouwey s’est imposé au mitan des années 2020 comme un mème viral. Bien placé dans une setlist, le morceau irradie littéralement le dancefloor.

AVVY – Ghost Move

41
À travers sa musique, Avvy cultive la fierté de ses racines bahamiennes. Son approche, résolument festive, revisite les codes du rake and scrape à destination des nouvelles générations, tout en intégrant la puissance rythmique des instruments issus de la tradition junkanoo.

BILIX feat. MR BOKA – Sa Ka Débodé

42
Héritier direct des chansons grivoises de bal, le bouyon s’inscrit dans une tradition festive assumée. Bilix et Mr Boka en sont de dignes représentants, avec ce titre massivement diffusé en radio. Également très efficace sur la piste, « Sa Ka Débodé » s’est imposé comme l’une des sensations de l’année 2016, quitte à susciter des débats générationnels.

CHAKA DEMUS AND PLIERS – Murder She Wrote

43
« Murder She Wrote » est d’abord l’un des tout premiers hits internationaux du dancehall. Et sans nul doute l’un des plus importants de tous les temps. Le titre repose sur un savant patchwork de deux morceaux originaux, que les producteurs Sly & Robbie parachèvent en y insufflant subtilement le métronomique Bam Bam Riddim. Cette association 100 % jamaïcaine est produite en 1992. Elle reste considérée comme l’un des ponts majeurs entre Kingston et la musique antillaise urbaine. Les scènes de Guadeloupe et de Martinique deviendront par la suite plus prolifiques en matière de dancehall / ragga. Si le morceau demeure un classique absolu du dancefloor, on en oublie toutefois souvent la critique sociale qu’il véhicule, adressée aux jeunes femmes perçues comme aux « mœurs légères ».

DEXTA DAPS – Shabba Madda Pot

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Grâce à « Shabba Madda Pot », Dexta Daps a littéralement surfé sur une vague de popularité en 2015. Ce succès dancehall de 2015 s’appuie sur une esthétique « badman » pleinement assumée. Mais il est également perçu comme un sex-symbol par une partie du public féminin. Son œuvre témoigne aussi d’un fort attachement à sa famille ainsi qu’à sa communauté.

FIMBA – Funky Business

45
Originaire de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Fimba Jardine signe avec « Funky Business » l’un des ragga-soca les plus marquants de la fin des années 2010. Un titre dont l’essence calypso séduit, depuis sa sortie en 2018, un public de tout âge. À la fois dansant et intelligent, le morceau propose une critique amusée du commérage et de l’ingérence dans la vie privée, très présentes dans les petites sociétés insulaires.

FUCKLY – Doudou

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Après avoir sillonné les sound systems, qui lui ont permis de façonner une solide réputation de rappeur engagé en Guadeloupe, Fuckly amorce en 2005 un virage à 360 degrés. Originaire d’Haïti, il s’oriente alors vers un kompa hybride, à la croisée des cultures urbaines et de la musique antillaise. Un urban kompa dont il devient l’un des pionniers, et qui lui vaut un plébiscite aussi bien médiatique que populaire. Derrière son habillage festif, « Doudou » continue de faire sensation en club. Peu de ses auditeurs non initiés au créole savent pourtant que le morceau met en scène un amour passionnel, marqué par la jalousie et l’insécurité affective. Une tonalité romantique mais à la fois possessive et très « street ».

JOCELYNE LABYLLE & CHEELA & JACOB DESVARIEUX feat. PASSI – Laisse parler les gens

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« Laisse parler les gens » est la relecture non assumée d’une chanson aujourd’hui quelque peu oubliée d’Henri Debs. Le morceau devient malgré tout, en 2003, le tube de l’été le plus incontournable. Il semble, à première vue, faire rayonner la musique antillaise dans toute la métropole. Mais, en réalité, son aura s’étend bien au-delà… Notamment en Afrique, grâce à une collaboration judicieuse mêlant origines guadeloupéennes et congolaises, ainsi qu’à une passerelle rythmique qui trahit une identité originelle bel et bien commune.

KALASH & MARUREEN – Laptop

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C’est probablement à travers le phénomène « Laptop » (2022) que le grand public métropolitain découvre l’énergie dévastatrice du shatta. Le titre reçoit la récompense du meilleur morceau caribéen de l’année 2023 aux Flammes Awards, avant d’être certifié disque de platine l’année suivante. Efficace sur le dancefloor et résolument ancré dans son époque, il confirme une fois de plus l’influence croissante des musiques antillaises auprès de la jeunesse urbaine mondiale.

KOFFEE – Toast

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Aborder la musique antillaise suppose aussi d’évoquer le reggae. Nous nous pencherons ici sur la nouvelle génération, incarnée notamment par la prodigieuse Koffee. Originaire de Spanish Town, l’artiste surprend par sa maturité artistique. Son reggae-dancehall se distingue nettement des clichés associés au genre. Positif et fédérateur, il porte des messages d’encouragement à destination d’une jeunesse désormais mondialisée, tout en se nourrissant des sonorités hip-hop et africaines. Son morceau « Toast », sorti en 2019, s’impose comme un véritable hymne à la gratitude, tourné vers la célébration collective.

SPICE – So Mi Like It (Raw)

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Figure emblématique du dancehall jamaïcain, Spice impose en 2014 un « So Mi Like It » frontal et iconique. Un banger de piste qui exhorte chaque femme à s’affirmer pleinement, dans une posture de liberté corporelle assumée.
CHAKA DEMUS AND PLIERS – Murder She Wrote  (pochette playlist musique antillaise)
JOCELYNE LABYLLE & CHEELA & JACOB DESVARIEUX feat. PASSI – Laisse parler les gens (pochette)
1T1 feat. THÉOMAA – Bouwey (pochette)

Explorez nos choix forts de morceaux dancehall & ragga pour votre événement, avant d’injecter une dose de feu jamaïcain à votre soirée.

FAQ – Musique antillaise & caribéenne

Vous vous demandez si cette playlist convient à votre événement, à quel moment l’utiliser et comment l’exploiter en DJ set ?
Voici les réponses aux cinq questions les plus fréquentes.

La cible

À qui s’adresse cette playlist de musique antillaise et caribéenne ?

Cette sélection s’adresse principalement aux DJs non spécialistes des musiques créoles, notamment dans le cadre d’une soirée grand public ou d’un événement mixte. Notre intention est de proposer un socle sur lequel ils pourront s’appuyer, tout en justifiant la pertinence de nos choix. Elle ne suffira pas, cependant, à animer un mariage antillais ou une soirée afro-caribéenne à elle seule.

Tel un fil rouge, elle oriente vers les genres à aborder et constitue, selon nous, une bande-son idéale pour rythmer l’avant-soirée. On y trouve enfin des valeurs sûres pour faire plaisir à des invités issus de la communauté antillaise lors d’une fête de famille, même sans connaissance préalable des codes musicaux, et ce, quelle que soit la génération.

La durée

Combien de temps dure cette playlist ?

Forte de 50 titres et diffusée en versions originales, sans intervention au mix, cette playlist offre environ 4 heures de musique continue.

Le contenu

Cette playlist suffit-elle pour un mariage antillais ?

Non, pas à elle seule. Pour un mariage antillais, il faut généralement aller plus loin dans les codes du bal et dans les attentes contextuelles du public (musique générationnelle, incontournable, ou du moment).

En revanche, cette sélection fonctionne très bien comme base de départ, notamment pour installer l’ambiance en début de soirée et sécuriser des valeurs sûres. Pour affiner, appuyez-vous ensuite sur nos pages dédiées (zouk love, kompa, shatta/bouyon, dancehall…).

Approfondir

Quels styles approfondir pour une vraie soirée caribéenne ?

Tout dépend du public et des âges. Dans la pratique, les styles à approfondir en priorité sont :

  • Le zouk : love ou festif (dit béton)
  • Le kompa : un pilier intergénérationnel (Antilles + diaspora).
  • Les shatta / bouyon : la dynamique “jeunes publics / club”.
  • Le Dancehall : l’injection jamaïcaine idéale pour une montée de soirée.
  • Soca / jump up : les pics d’énergie carnavalesques.

La disponibilité

Comment puis-je me procurer les morceaux de cette playlist ?

Vous pouvez retrouver la majorité de ces titres sur les plateformes de streaming (Spotify, Deezer, Apple Music) et sur les boutiques de téléchargement. Pour un usage DJ, pensez aussi aux versions “extended” ou aux compilations officielles lorsqu’elles existent.

Enfin, pour certains morceaux patrimoniaux plus rares, l’accès peut passer par des rééditions, des labels spécialisés ou des supports physiques (CD/vinyle) selon les disponibilités.

En définitive, cette playlist musique antillaise & caribéenne constitue une porte d’entrée solide pour créer une ambiance créole accessible et fédératrice. Pour une soirée pleinement spécialisée, nous vous recommandons de compléter cette base par nos sélections dédiées (zouk love, kompa, shatta/bouyon, dancehall).