Q-DJ est heureux vous présenter sa playlist Rap américain.
Un art de rue né dans les années 80, et qui révolutionnera toute une industrie musicale dès les années 90.
Désormais reconnu par ses détracteurs de la première heure, le rap américain n’aura eu de cesse de gagner en maturité. Et s’il flirte dorénavant avec la pop culture, ce dernier voit aussi naître de nouvelles générations très créatives. Lesquelles sont capables d’alimenter une scène alternative foisonnante, mais aussi de développer de nombreux sous-genres.
Ce sont ses petites subtilités du hip-hop que nous tenterons d’appréhender ici. Notez bien qu’il ne s’agit ni d’un top 50, ni d’une énumération exhaustive ou hasardeuse. Notre seul soucis étant de vous apporter une base solide, populaire, et fédératrice. Du bon rap pour danser, en somme.
Il ne nous reste plus qu’a vous souhaitez une bonne (re)visite des classiques à connaître. Aussi, nous espérons pouvoir vous assister de manière précieuse dans l’organisation de votre évènement!
Place à une pure parenthèse hédoniste !
En 2003, le charismatique leader de G-Unit marchait sur l’eau grâce à ce beat magistral signé Dr Dré. Le flow n’est pas époustouflant et les lyrics n’apportent rien de nouveau au paysage rap américain. Mais 50 Cent est un opportuniste qui n’a pas oublié d’être lucide. En célébrant la vie, il nourrit en nous l’idée que chaque jour sont comptés. Un classique irrésistible du dancefloor. Au même titre d’ailleurs que sa collaboration, en 2008, avec un autre artiste de la G-Unit nommé The Game et avec qui il est désormais en froid. Le morceau en question se nomme « My Life ».
Black Rob n’était pas une star du Hip Hop US. Sinon un bad boy crédible, Harlem street à 100%, et dont personne n’envierait les mésaventures. « Whoa ! » fut son seul miracle sur album. Un banger publié en 2000, qu’aucune sélection de black rap sérieuse ne saurait occulter. Le MC new-yorkais à la voix rauque connaîtra une consécration presque inespérée avant de sombrer dans les abysses de l’alcool, de la drogue, des dettes, et de l’univers carcéral. Il décédera à 52 ans.
Eminem, c’est l’épopée D12 du début des années 2000, notamment aux côtés de Bizarre. Ce sont aussi les albums iconiques « The Real Slim Shady » et « The Marshall Mathers LP ». Après avoir largement contribué au navet qu’est le film « Da Hip Hop Witch » en 2000, Eminem dévoilait en 2002 « The Eminem Show ». Probablement l’un des CD rap les plus vendus de tous les temps. Une œuvre qui confortera mécaniquement son statut de meilleur rappeur americain, voire au monde, dévoilant notamment le surprenant single « Without Me ». Sur ce titre, Eminem se moque ouvertement et courageusement de certaines personnalités qui font la société US. Une satire qui épingle, en réalité, l’hypocrisie d’une Amérique conservatrice. Du rap comme on aime: fun en apparence, parfait pour s’ambiancer, mais dont le message revête d’une profondeur rare.
Kanye West est un génie pleinement satisfait de l’image excentrique et parfois stupide que lui confèrent les médias. Ses déclarations ainsi que ses frasques dénotent avec des actes qui font pourtant montre d’une intelligence grande ainsi que d’un talent indéniable. Pour preuve, sa musique est un challenge que peu d’artistes ont su remporter. Celui de délivrer des productions destinées à un large public, mais qui s’imposent dans le temps. Une œuvre maîtrisée à la perfection, comme ce rap Bass « I Am A God » venu d’un autre monde. « Gold Digger », qui n’est autre qu’une reprise hip-hop du mythique « I’ve got a woman » de Ray Charles aurait pu s’apparenter à un copie insipide remise au gout du jour. Il s’agit finalement d’un classique que le meilleur élève du Roc A Fella à su rendre parfaitement dansant et entraînant.
Découvert par Jermaine Dupri dans un centre commercial d’Atlanta, le duo d’ados aux pantalons à l’envers signe en 1992 un raz-de-marée planétaire. Construit sur un sample bondissant des Ohio Players, « Jump » délivre une énergie brute et communicative à 102 BPM. Trente ans plus tard, ce classique du rap old-school reste un déclencheur automatique pour faire sauter toute la salle sans distinction d’âge.
Probablement parmi le single le plus emblématique du duo de Brooklin! Nous sommes en 2000 et « Ante Up » dynamite les dancefloors avec une rare insolence. Certes, les lyrics ne volent pas bien haut mais l’energie est aggresive et galvanise la foule. Un vrai classique du rap East Coast qui a sillonné les oreilles du monde entier, du Hip Hop Kemp à Kuala Lumpur. Si Billy Danze et Lil’ Fame sont aujourd’hui moins actifs, le second peut s’ennorguillir de produire de veritables pépites du Hip Hop telle que Teflon.
Nous avons privilégié « Work It » à l’incroyable « Get Ur Freak On » (2001) pour son côté intemporel. Missy Elliott, d’abord connue comme une chanteuse R’n’B multi-récompensée, s’est imposée dans le rap mainstream en allant toujours à contre-courant de ce que proposait le marché féminin porté par des Lil Kim et autres Ciara. Mieux encore, elle aime se tourner en dérision et faire preuve d’un certain « je-m’en-foutisme » alors qu’elle incarne à elle seul le lien entre deux voire trois générations de la culture hip hop afro-américaine. « Work it » est un ode rythmique au désir sexuel, servi par l’un des meilleurs clips hip hop réalisés à ce jour. Timbaland y apporte sa patte géniale à la production. Des basses lourdes, des kicks efficaces enveloppant des barrissements d’éléphants qui font office d’auto-censure. L’année suivante, Missy Elliot illustrait la BO d’un film sur la danse rap / Hip Hop nommé « Honey ».
De toute évidence, le rap américain de l’an 2000 est exaltant et présage un siècle très créatif du côté d’Atlanta. Il est porté par des groupes comme Outkast, Migos ou BoB. Ces derniers qui osent une approche originale, ouverte à la fusion des genres, ainsi qu’à des expérimentations flirtant même avec la dimension psychédélique. André 3000 et de Big Boi atteindront une performance rare avec « Ms. Jackson », chanson hip hop et d’amour, conçue à l’ancienne, mais parfaitement en phase avec son époque. Elle évoque notamment la rupture entre André 3000 et Erykah Badu, interpellant la mère de cette dernière. Plus dansant peut être, le titre « Hey Ya » sorti en 2003 …
Snoop s’est d’abord forgé une solide réputation avec le style G Funk. Sa voix nonchalante sévissait en solo, mais aussi avec son groupe 212 dans les années 90. Devenu un pilier de la culture hip hop en une décennie, le californien déroulera ensuite. On le voit tantôt aborder des pas de C- Walk, puis arborer une posture « pimpisée » tout en assumant fièrement sa toxicomanie notoire. Pour autant, ses productions restent toujours soignées et parfaitement calibrées pour inonder les dancefloors . Le tubesque « Drop It Like It’s Hot » l’atteste en 2004. Le beat est une petite merveille néoclassique, dont le savoir-faire neptunien fut déjà éprouvé auprès de Kelis ou du projet Clipse des frères Malice et Pusha T. Snoop performe avec l’assurance et le calme d’un vétéran du rap game. Ainsi, il expose au grand public le talent d’un pro de la top line bien connu dans l’ombre du showbusiness… Pharell Williams !
Fat Joe est aux commandes d’un groupe prometteur, mais qui ne survivra que difficilement après le décès de l’un de ses membres en 2000: Big Pun. Après quatre années de végétation, Terror Squad produira enfin son hit avant de sombrer de nouveau dans le néant. Ce dernier s’intitule « Lean Back »! Mais quel track!
En 2007, Timbaland règne sans partage sur les charts mondiaux. Pour asseoir sa domination, il réunit ses deux complices de studio sur une production minimaliste aux basses synthétiques hypnotiques. Entre règlements de comptes déguisés envers Scott Storch et arrogance assumée, ce tube R&B/Hip-Hop calibré à 110 BPM offre une transition fluide et élégante pour amorcer un set urbain.
Pionnier absolu de la Bay Area d’Oakland, Too $hort livre en 1996 l’essence même du son West Coast relax. Les lignes de basse rondes et la guitare funk de Parliament-Funkadelic enveloppent un flow traînant inimitable. Un morceau à 88 BPM gorgé de groove californien, parfait pour poser une ambiance lounge chic ou accompagner un début de soirée estivale.



Et pourquoi ne pas réaliser un BLIND-TEST à partir de cette playlist ?
En 2011, Chris Brown est un rappeur en déficit de crédibilité. Et s’il peine à retrouver l’aura de ses premiers exploits discographiques, deux monstres sacrés vont alors l’aider à enregister le meilleur titre de sa carrière. Sur une prod binaire, presque expérimentale, Lil Wayne et Busta Rhymes vont tout simplement dynamiter l’espace que leur concèdera un Breezy assez époustouflant. Un « Look at me now » redoutablement efficace, qui transpire le rap bien sale du sud californien. Un banger de plus pour vous faire bouger.
Courte carrière pour ce jeune rappeur découvert, puis vite délaissé par Kanye West. Ce son trap, aux adlib inoubliables, sera son unique et ultime succès mondial.
Hymne triomphal de l’album Nothing Was the Same en 2013, ce titre synthétise le génie mélodique et le storytelling du rappeur de Toronto. Sur une boucle de piano entêtante signée Mike Zombie, Drake martèle une formule devenue virale dans le monde entier. Un classique instantané à 86 BPM qui fédère la foule dès les premières mesures.
Énorme carton en 2008 pour ce « Low », présent sur la B.O d’un blockbuster et qui battra tous les records de la décennie en matière de téléchargement gratuit (donc illégal), mais surtout payant. Du crunk conçu pour faire la fête, avec de l’auto-tune et du « call and answer » en pagaille.
Depuis « Mask Off », le prince superstar d’Atlanta nommé Future enchaîne les bangers sous codéine. Fort d’un égo surdimensionné et de punchlines criminelles, son beat trap façonne le présent comme l’avenir du rap américain. Et qui de mieux placé que Drake, véritable icône de la génération streaming et expert en hymnes Tiktok, pour lui permettre de se hisser au sommet des sommets?! Il résulte de cette énième collaboration un « Life Is Good » de très bonne facture, et qui affole les compteurs de YouTube depuis un certain 10 janvier 2020…
Véritable masterclass de structure, le morceau propose deux ambiances distinctes grâce à un beat-switch audacieux d’Oz et Ambezza. Drake ouvre le bal avec une pop-trap mélodieuse avant que Future ne reprenne la main sur une prod sombre et incisive à 132 BPM. Un banger calibré pour faire chanter les refrains à l’unisson tout en dynamisant le dancefloor.
Rappeur célèbre pour son génie musical comme pour son immense fortune, Jay-Z n’avait déjà plus rien à démontrer au public en 2011. A ses côtés, l’autre rappeur afro américain au sommet du game, Kanye West, annonçait à ses rares détracteurs que toute tentative de concurrence serait définitivement vaine. Car clairement, le duo va livrer le meilleur du rap américain de toute l’époque avec « Niggas In Paris ». Un morceau explosif, à jamais gravé dans tout rap top qui se respecte.
Une transition toute trouvée pour votre mix Rap Hip Hop R&B. Produit par le DJ americain Kemo, à partir d’un sample de Mickael Jackson, ce morceau figure toujours en bonne place dans notre playlistde rap américain.
Sorti sans prétention sur la mixtape Too Hard en 2017, ce morceau a propulsé Lil Baby au rang de nouvelle tête d’affiche d’Atlanta. Porté par un 808 glissant et un débit continu d’une fluidité désarmante, le titre s’est transformé en un hymne de club incontournable pour toute la génération streaming.
Méga-star bling bling, dont il prétend en être l’ultime référence, Lil’ Wayne et ses célèbres grillz ne laissent personne indifférent. Il semble évident que le potentiel de l’artiste est énorme. Mais derrière une assurance de tous les instants et un esprit aussi créatif que prolifique, une énigme demeure: sa consécration relève t-elle du génie ou de l’imposture? La question mérite d’être posée au regard de ses messages souvent loufoques voire ridicules. Aussi, on est tenté de se demander si sa sexualité ambiguë n’est au centre du flot d’éloges versés par de nombreux médias réfractaires au rap. Lesquels ont largement contribué au buzz d’un artiste sevré à l’auto-tune et au syrup. Il n’en demeure pas moins que Lil’ Wayne a totalement survolé l’année 2008, en sortant notamment ce « Lollipop » aussi apprécié sur le dancefloor que le « Whatever You Like » de T.I.
En 2017, Lil Pump nous laissait indifférent avec son « Gucci Gang » aussi minimaliste que puérile. L’interprète de « Off White » n’était pas, selon nous, à la hauteur des Kendrick Lamar, DJ Khaled, et autres Logic qui dictaient alors le narratif rapologique. La grande surprise de cette année féconde viendra finalement des trois Migos: Quavo, Offset et Takeoff. Les initiateurs du Dab, en outre. A force de travail, le groupe d’Atlanta s’est enfin hissé au sommet de la pyramide du rap américain. Leur album « Culture », fourmille de titres inventifs, solides et indispensables pour toute playlist hip hop 2010. N’en témoignent que les magistraux « What The Price » et « T-Shirt ». Petite préférence ici au « Bad and Boujee » en collaboration avec un Lil Uzi, dont l’achat de la planète WASP 127-b ne semble plus faire l’actualité.
Depuis ses premières mixtapes, produites par Lil Wayne, et véhiculant l’image d’une Barbie trop peu crédible pour durer sur la scène hip-hop, Nicki Minaj a su faire déchanter ses détracteurs. L’artiste new-yorkaise s’avère une véritable machine à tubes, capable de chanter, de kicker, et de faire briller ses mentors en featuring (souvenez vous de « YU Mad » de Birdman en 2011 …). Nombreuses sont les rappeuses, telles que l’italienne et prometteuse Anna, qui se revendiquent de son influence. Loin d’être réfractaire aux tendances musicales actuelles, cette playlist de rap américain ne pouvait occulter cet ode au twerk et sobrement baptisé « Anaconda ». Une œuvre assez vulgaire à notre goût, très formatée pop-rap mainstream, mais qui pèse trop sur la balance pour ne pas être mentionné ici.
Soyons clairs. Post Malone est dispensable de toute playlist hip hop tant il n’en inspire ni le goût, ni l’authenticité. Pire encore, sa musique semble dictée par un cahier des charges industriel, qui l’oblige à embrasser une trap qui vend. Mais si son Adn semble résolument orienté rock, le bon DJ Hip Hop saura mettre à profit cette énergie assez singulière afin de fédérer toujours plus son public. A plus forte raison lorsque ce dernier est hétéroclite…
Chef de file d’une nouvelle vague hip hop, peut être plus hype que prolifique, Travis Scott créait la sensation en 2018 avec son opus ASTROWORLD. Un disque assez hétéroclite, sur lequel le rappeur de Houston distille son flow si singulier, au service d’une melancolie teintée d’amertume et d’auto tune. Si les prods se veulent aventureuses et psychédéliques, le contenu global fut une belle réussitte artistique. N’en témoigne que le titre « Sicko » avec une contribution pourtant fort dispendsable d’un certain drake, à qui l’on pourrait notamment reprocher un trap flow peu inspiré. L’artiste raflera un certain nombre de rap awards avant de sortir l’un des plus gros sons rap américain de l’année 2020 aux côtés d’un certain Kid Cudi: « The Scotts ».
En perte de vitesse en 2018, Tyga signe une résurrection commerciale fulgurante avec ce banger estival assisté par Offset. Une ligne de basse rebondissante signée D.A. Got That Dope, un tempo festif à 98 BPM et une ambiance West Coast calibrée pour le clubbing : la recette idéale pour faire danser les convives sans détour.
Après nous avoir enjaillé avec « Black And Yellow », Wiz Kahlifa n’a eu de cesse de délivrer des titres au sens mélodique certain. En toute décontraction, le natif du Dakota du Nord semble profiter de la vie avec des gars bruyants autour de lui. Ca fume, ca boit, ca fait la fête autour de belles femmes. Voilà ce que raconte « We Dem Boyz » en substance. A vous de voir si le message s’accorde avec votre projet de playlist hip hop.



Assurez le succès de votre soirée Rap US en intégrant quelques pépites de R’n’B festif telles que celles de TLC, Lauryn Hill, ou Destiny’s Child.
Place à un phénomène pop rap américain, qui va marquer un tournant décisif dans l’histoire de la musique moderne. Arizona Zervas est un artiste indie, sans réels moyens structurels car signé nul part. Pourtant, il parvient à se hisser dans le top ten rap de Spotify en 2019. Tout cela à côté de pointures telles que Post Malone, Lil Nas X ou, dans une moindre mesure, de Tyler the Creator auteur du très novateur « Igor ». Grâce aux réseaux sociaux, il est alors entendu que tout le monde a désormais sa chance de briller. Cependant Zervas n’aura jamais confirmé son statut à travers un album. Mais peu importe. La nouvelle génération ne sera pas prête d’oublier « Roxanne » à l’instant de confectionner sa playlist hip hop de soirée.
L’ancienne candidate de télé-réalité, ex strip-teaseuse et membre de gang, tutoie les sommets depuis la sortie son album studio « Invasion of Privacy » (2018). Une œuvre hip-hop matinée de trap et encensée par la critique. Aussi, l’opus fut récompensée par d’ innombrables distinctions, incluant qui plus est l’hymne estival qu’est « Bodak Yellow ». Avec son flow brut, aussi agile qu’acrobatique, Cardi B s’est donc imposée comme la rappeuse de tous les records. Elle est aussi une femme influente, icône sexy de la mode, dont le succès ne cesse de s’étendre partout à travers le monde. D’aucuns estiment que son « Up », aux influences drill, incarne le plus grand hit rap américain de 2021. Si cela suffit à faire twerker la gente féminine le temps d’une soirée, nous inscrirons volontiers ce morceau dans le cadre de cette playlist !
Extrait de l’album A Gift & a Curse en 2023, ce morceau prouve la maîtrise insolente du flow mélodique de Gunna. Les ad-libs entêtants et la rythmique trap feutrée de Dunk Rock ont inondé les réseaux sociaux et les soirées urbaines. Un titre parfait pour maintenir une dynamique branchée en milieu de set.
En seulement quelques mesures posées sur une prod Bronx Drill signée RIOTUSA, Ice Spice est devenue le phénomène viral de l’été 2022. Son flow nonchalant et ses punchlines directes s’imposent à 144 BPM (72 BPM réel). Un choix redoutable pour capter instantanément l’attention du public de la génération TikTok.
Jack Harlow frappe un grand coup en 2022 en samplant habilement le classique « Glamorous » de Fergie. Le flow décontracté du rappeur de Louisville glisse sur une rythmique pop-rap léchée à 107 BPM. C’est le titre d’ambiance grand public par excellence, fédérateur et accessible à tous les profils d’invités.
L’enfant terrible du rap américain nous livrait, en 2017, le banger qui allait précéder l’album Damn. Culte pour toute une génération, « Humble » raflera tous les gratifications, nous berçant de quelques belles notes de piano ainsi que d’un refrain sans équivoque. De toute évidence, Kendrick Lamar appelle à « être humble », tout en martelant le mot « bitch », et en piquant de manière subliminale ses rivaux parmi lesquels Big Sean occupe un place de choix. Comprenne qui pourra… Après cinq ans d’absence, le californien signera probablement l’un des titres hip hop 2022 les plus aboutis à travers « The Heart Part 5 ». Le succès semble toujours au rendez vous, notamment pour le soundtrack Hip hop du blockbuster « Black Panther » en 2018.
Co-produit par Take a Daytrip et Kanye West, ce rouleau compresseur de 2021 fait exploser les compteurs avec ses cuivres triomphants et sa rythmique puissante à 150 BPM. Lil Nas X et Jack Harlow livrent une performance taillée pour les temps forts de la nuit, où l’énergie de la salle doit grimper d’un cran.
Lil Uzi Vert délaisse la trap conventionnelle pour embrasser l’énergie frénétique du Jersey Club à 130 BPM. Percussions syncopées, kicks lourds et structure minimale : un morceau coup de poing qui déclenche immédiatement des cercles de danse et des mouvements spontanés sur le dancefloor.
Parmi les hits rap addictifs en 2020, « The Box » et son célèbre ad-lib fera monde honorable. D’aucuns citeront plutot Travis Scott ou la collab de Russ et Bia sur l’excellent « Best On Earth ». Mais ici la critique fut clairement unanime. Elle salue notamment une performance hip hop de haut niveau, parfaiment réjouissante dans son contenu. Aussi, Ricch raflera tous les rap awards et autres distinctions prestigieuses que le rap américain se dispute âprement. Le tout servi par un clip video d’envergure hollywoodienne. Voiture de course, dunk à la Michael Jordan et braquage de banque ne feront que renforcer une viralité inéluctable.
Figure de proue du mouvement Rage, Yeat séduit par ses synthétiseurs futuristes distordus et ses expérimentations vocales sous autotune. « Bëttr Off » déploie une texture sonore sombre et métallique à 134 BPM, particulièrement appréciée des puristes de la nouvelle scène électronique américaine.



Ne vous fiez pas à ses cheveux couleur arc-en ciel ainsi qu’à ses airs extravagants. Le rappeur Sixtine n’est pas un tendre. L’originaire du Mexique est longtemps resté lié à un gang avant de faire les belles heures de votre station radio préférée. « Gummo », qui reprend en 2017 les clichés du black rap, celui faisant notamment l’étalage d’armes à feu, demeure à ce jour sa plus belle réussite commerciale. L’agressivité est très palpable sur un excellent beat signé Pi’erre Bourne.
20 dollars, soit le prix d’une heure de studio, aura suffit au natif de Miami pour s’imposer parmi les révélations trap rap de l’année 2014. Rien de bien révolutionnaire dans les lyrics une fois de plus. Sinon du dropping name à n’en plus finir ainsi qu’un florilège des clichés habituels. Matérialisme, drogue, machisme, armes à feux, famille éclatées puis toutes les conséquences qui s’ensuivent sont bel et bien au programme. Mais peu importe… Le style, la spontanéité, la lourde prod l’emportent sur la piste.
De toute évidence, l’impact de ce titre est majeur dans l’industrie du rap Us. Il a tout simplement ouvert la porte à toute une nouvelle génération désabusée de la old-school. Chief Keef n’a que quinze ans lorsqu’il interprète « Love Sosa ». Une ode au narco-trafiquant et patron de Tony Montana dans le film Scarface. Nous sommes alors en 2012. Sa drill suinte la rue, la violence des gangs de Chicago. Son ego-trip, quelque peu loufoque, bouscule les codes établis jusque dans la gestuelle ou dans le style vestimentaire. Et si Chief Keef ne semble être investi d’un réel talent au M.I.C, c’est sa spontanéité et ses prods minimalistes qui lui vaudront d’être l’auteur d’un véritable classique, qui aura largement influencé les Ninho et autres Niska de la scène française.
One hit wonder aux grosses basses imparables, « Coco » obsedait la clientèle de boite de nuit en 2015. Et si le morceau tournait en boucle sur toutes les radios de la planète, il est moins sûr que le jeune public ait alors été conscient du message sans équivoque de O.T. Genasis. Le rappeur americain y déclare son affection toute particulière pour la cocaïne, avec une ferveur très communicative. 50 Cent puis Busta Rhymes ont probablement signé, à tour de rôle, le rappeur americain alors qu’il était en pleine montée. Mais la contre-fusée fut fulgurante, tant ce dernier semble entre temps retombé dans les abysses de l’oubli.
Alors que la crême du rap US et UK lui faisait les yeux doux, aquise à l’idée que sa drill caverneuse écrivait déjà l’avenir de la musique urbaine, Pop Smoke succombait à l’age de 20 ans d’une attaque à main armée. Sa disparition prématurée en 2020, et en pleine ascension, nous aura toutefois laissé le temps de découvrir l’étendu du talent de son producteur phare. Un certain 808 Melo qui contribue désormais à l’éclosion d’une relève qui semble assurée par le new yorkais CJ (« Whoopty ») ou par le groupe londonien, quoique trop controversé, sobrement nommé 67 (écoutez le titre Lets Lurk en featuring avec Giggs). Du son très actuel pour votre playlist hip hop festive, mais aussi pour tous les férus de rap new yorkais.
Il était depresif, violent et instable. Pourtant, dénoncer le systeme, faire étalage de sa virilité ou de son argent ne l’intéressaient pas vraiment. XXXTENTACION assumait sa souffrance et la partageeait à travers une oeuvre criante de sincérité. De l’emo rap sombre et mélancolique, quelques fois chanté, comme sur ce « Moonlight » qui nous percute en a peine deux minutes. Une experience lo-fi pour votre playlist hip hop, servie par un artiste prometteur, mais dont la vie fut abrégée lachement lors de sa vingtième année.



Le natif de Harlem n’a jamais eu d’autre ambition que celle de révolutionner le rap américain. La musique étant son seul échappatoire, avec la mode au second plan. Le jeune rappeur, toujours aussi cool que swag, passionnera l’auditoire avec la sortie de son premier opus « Long. Live. ASAP ». Il est sûr de son art, de son talent qui s’illustre notamment sur ce tubesque « F**kin’ Problems ». Certes, on baigne toujours dans de l’egotrip simpliste, misogyne et affublé de clichés matérialistes…. Mais A$AP Rocky a le mérite de renouveler le champs des possibles. Il explore les styles musicaux, se les réapproprie, les fusionne… Il distord toutes les pistes vocales à sa guise, ouvrant ainsi des perspectives nouvelles et c’est déjà pas mal. Preuve de son ouverture d’esprit: son feat mémorable avec Bones, pionnier de l’emo rap et auteur de « HDMI ». Une collaboration presque impensable une décennie plus tôt.
En 1991, le trio membre des Native Tongues, nous proposait l’euphorisant « A Roller Skating Jam Named Saturdays ». Deux ans plus tard, c’est accompagnés de Chaka Khan que nos compères new-yorkais démontraient l’étendue d’un talent hors mode et résolument détaché des clichés. La pépite s’intitule « All Good » au passage. Mais, bien que moins connu du grand public, le « My Writes » sorti en 2000 aura notre préférence dans le cadre de cette sélection de rap américain. Quelle énergie !
Après sa rupture avec la star de la pop Ariana Grande, le rappeur nonchalant de Pittsburgh nous invitait à prendre soin de nous avant toute autre chose. Un track remarquable, à classer entre le bien plus dansant « What’s The Use? » et le mélancolique « 2009 ». Mac Miller décédera un mois après la sortie de l’album « Swimming » en question, sorti en août 2018.
Si cette playlist de rap américain est principalement orientée vers un rap mainstream, aux refrains accrocheurs ainsi qu’aux mélodie qui restent bien en tête, cette dernière ne saurait rester insensible à certains projets bien qu’ils soient peut-être jugés trop à contre courant. Tel est le cas de ce track sorti en 2004, fruit de la collaboration entre le mystérieux MF Doom et un beatmaker surdoué nommé Madlib. Deux figures emblématiques à l’origine de cet accordéon déstructuré pour la bonne cause, et extrait de l’un des meilleurs albums de tous les temps: Madvillainy. Du hip hop Underground ou de l’abstract hip hop, minimaliste et déconstructiviste, au service de la poésie sous toutes ses formes. Feu MF Doom fascine, dompte le beat avec un spoken-word aussi nonchalant que délectable. Pas très dancefloor en somme, mais magique voire indispensable pour la culture.
Retiré du rap game depuis 2016, Mos Def en était une figure emblématique. A la fois poche du courant underground et du star system, le rappeur de Rawkus Records (Marco Polo, Common, Hi-Tek…) aura expérimenté le reggae rap avec Stephen Marley, collaboré avec un Nate Dogg de la West-Coast, et signé des tubes tels que l’excellent « Ms. Fat Booty » en toute décontraction.
Sorti en 1992 sur l’album légendaire Bizarre Ride II the Pharcyde, ce joyau produit par J-Swift marie sample d’orgue jazz, boucle de batterie boom-bap et textes désarmants d’autodérision sur les amours déçues. Un classique West Coast intemporel à 91 BPM qui clôture parfaitement une sélection de prestige.


