logo QuelDJ

Playlist Reggae Music

50 classiques incontournables (roots, dub, conscious & hymnes fédérateurs)

Depuis les années 60, la Jamaïque exprime avec fierté une culture qui lui est propre et qui rayonne à travers le monde: le reggae music!

Toute l’humanité semble s’être connectée à ce mouvement musical puissant, et qui demeure le plus souvent l’expression d’une lutte contre toute forme d’oppression. Son rythme universel est porté au firmament, depuis ses débuts, par les DJ selecters dont la créativité semble inépuisable.

Nous sommes aujourd’hui heureux de vous présenter une playlist qualitative dédiée au reggae. Comme toujours, nous l’avons voulu suffisamment abordable pour une diffusion grand public.

Nous vous souhaitons une (re)découverte de ces 50 perles venues de Kingston et de bien au delà.

Reggae Music

Dernière mise à jour :
20/01/26


Roots jamaïcain & fondations historiques du reggae

ALPHA BLONDY – Brigadier Sabari

01
Le morceau « Brigadier Sabari », qui peut être traduit du dioula comme « Pitié, brigadier », sonne comme l’acte de naissance du reggae africain. Dès le lancement des sirènes de police, le décor est planté. Les violences policières, perpétrées sur la jeunesse ivoirienne, et à laquelle appartenait Alpha Blondy en 1982, sont dénoncées, avec une musicalité d’une rare efficacité. « Jerusalem » est un autre tube majeur du reggaeman. L’album « Jah Glory » ainsi que « Cocody Rock » peuvent être parcourus dans leur intégralité.

ALTON ELLIS – I’m Still In Love With You Girl

02
Dans la Jamaïque des années 60’s, Alton Ellis ouvre la voie au rocksteady. Studio One Records et Treasure Isle s’affirment alors comme deux éternels ennemis. Rare artiste convoité par les deux labels, Ellis ne tira aucun profit de cette concurrence fratricide. Désabusé par des succès peu rémunérateurs, il ira finalement se chercher à l’étranger. Notamment aux Etats-Unis, à l’instar de Randy Chin, gérant historique du Randy’s Records Shop situé à Kingston. Il n’en demeure pas moins que Ellis signera tout de même de nombreuses perles, comme ce fameux « I’m Still in Love With You » de 1967, porté par une bass line remarquable. La chanson d’un homme lucide sur la souffrance amoureuse qu’il endure, mais qui choisit pourtant de rester parce que ses sentiments survivent à toutes les blessures. Sean Paul reprendra cette chanson en 2002. Pour l’anecdote, l’artiste jamaïcain est alors signé chez VP, label de Vincent « Randy » Chin!

BLACK UHURU – Guess Who’s Coming to Dinner

03
« Guess Who’s Coming to Dinner » (« Devine qui vient dîner ») fait référence à un film américain du même titre. Celui dans lequel une jeune femme blanche présente pour la première fois son petit ami noir à ses parents. Black Uhuru en fait, en 1980, un remake musical et percutant. Remplaçant notamment l’acteur Sydney Poitier par un rasta. Le groupe était particulièrement inspiré durant cette décennie 80, produisant pas moins de sept albums, dont l’inoubliable « Anthem » (1983).
ALPHA BLONDY – Brigadier (pochette playlist Reggae Music)
BLACK UHURU – Guess Who’s Coming to Dinner (pochette)
BOB MARLEY – Redemption Song (pochette)

BOB MARLEY & THE WAILERS – Redemption Song

04
« Redemption Song » est une ballade acoustique extraite de l’album engagé « Uprising ». Lequel sera le dernier opus d’un Bob Marley se sachant alors au crépuscule de sa vie. Il s’agit probablement de l’une des chansons les plus influentes de la légende rastafari, qui s’inspire ouvertement du discours panafricaniste de Marcus Garvey. Une chanson profonde, exhortant l’auditeur à s’émanciper de l’esclavage mental. On y ressent une mélancolie toujours aussi poignante plus de quarante ans après sa sortie. Lister ici toutes les chansons de Bob susceptibles de vous faire danser nécessiterait une dizaine de CD Best of. Ils incluraient pour sûr des titres tels que : « No Woman no Cry », « One Love », « Jammin », ou « Roots, Rock, Reggae »…

BURNING SPEAR – Columbus

05
On ne présente plus Winston Rodney, alias Burning Spear. Une autre figure emblématique du mouvement reggae. Très jeune déjà, l’enfant de Saint Ann’s Bay se rêvait chanteur. Revendiquer l’héritage africain de son peuple et sa fierté rastafarienne sont ses sacerdoces. Aussi, sensible à cette réalité que c’est dans sa ville natale que Christophe Colomb échoua avec ses caravelles, il réécrira l’histoire dans son magistral « Columbus ». L’Histoire, que l’on nous martèle sur les bancs de l’école, est un mensonge éhonté. Christophe Colomb n’a jamais découvert l’Amérique en 1492 et Burning Spear traite, à juste titre, ce dernier de maudit menteur. Les terres d’Amérique étaient déjà habitées bien avant son arrivée. Notamment par les Arawaks qui furent asservis puis exterminés au mépris de l’histoire… Petite affection toute particulière aussi pour le titre « Elephants ». À classer dans une trop dense Spear’s anthology.

CULTURE – Why Am I a Rastaman?

06
Une pépite extraite de l’album « Humble African ». Culture, à ne pas confondre avec le groupe dance reggae Culture Club. Lequel inondait les ondes avec son fameux hit « Do You Really Want to Hurt Me » (1982).

DESMOND DEKKER – Fu Man Chu

07
Star du reggae bien avant Bob Marley, Desmond Dekker séduisait le public rude boys des années 1960-1970 avec des productions comme « King of Ska ». Le natif de Kingston s’adaptait tout simplement au marché, mais sans jamais renier ses valeurs. Les skinheads d’Angleterre, déjà fétichistes de la marque Fred Perry, le soutenaient sans concession. Mais la mort de son producteur Leslie Kong, en 1971, va marquer le véritable coup d’arrêt de sa belle carrière. Sans l’effort de réédition du label Trojan, sa voix cristalline, comme ses mélodies au service d’un ska rocksteady engagé et positif, seraient probablement tombés dans l’oubli. C’est grâce à cette réhabilitation laborieuse que des perles comme « Fu Manchu » font aujourd’hui la part belle aux DJs et aux radios reggae music du monde entier.

HORACE ANDY – Skylarking

08
Souvent confondu avec Rod Taylor, dont le style vocal est proche, Andy a enregistré tant de versions de sa chanson « Skylarking » qu’il est difficile d’en partager précieusement la référence absolue. On peut toutefois lui accorder, de manière définitive, le statut de précurseur du style dancehall.

JIMMY CLIFF – The Harder They Come

09
D’abord composée pour le film éponyme, puis sortie en single sur le label Mango Records, cette chanson fut un super-hit mondial en 1975. Les tubes reggae music de Jimmy Cliff sont nombreux et souvent très appropriés pour faire la fête. Aux dernières nouvelles : un duo plutôt réussi avec Bernard Lavilliers. Aussi, nous pourrions citer « Reggae Night » ou « Samba Reggae », qui ne sont clairement pas des collectors, mais de belles entrées en matière d’ambiance.

LEE “SCRATCH” PERRY – Panic In Babylon

10
En 2004, la légende Lee Scratch Perry livrait aux mélomanes un album inespéré, voire redouté : « Panic In Babylon ». Le « godfather » du reggae, excentrique précurseur du dub, nous avait en effet laissé sur le carreau depuis l’édition d’un best of salutaire en 1997. Ultime survivant d’une époque révolue, il semblait profiter d’une idylle bien paisible au bord du lac Léman. Mais là-bas, in Switzerland, il ne chômait pas tant que ça… « Panic in Babylon » est une œuvre reggae dub délectable, aux allures clairement testamentaires.

MAX ROMEO – I Chase The Devil

11
Max Roméo, c’est de la pure musique de rastas. Ces parias qui évoluaient dans l’indifférence du système, alors qu’ils étaient dans le vrai de l’humanité. Peu étonnant, donc, que le vindicatif « I Chase The Devil » résonne avec un écho toujours plus large à mesure que passent les décennies. Soulignons par ailleurs la patte de Lee Perry et des Upsetters, qui édifient ce titre majeur de 1979, parmi les plus belles sorties du studio Black Ark.

PETER TOSH – I Am That I Am

12
Autour de Bunny Wailer, et de Bob Marley, Peter Tosh s’est d’abord forgé une sublime réputation de guitariste. Il fut également chanteur, mais le plus souvent cantonné aux choeurs. La formation de ce trio mythique, baptisée « Les Wailers » a longtemps fait la pluie et le beau temps du ska, mais aussi du rocksteady. Et lorsque celui qui fut le compagnon d’Andrea Marlene Brown quitte le navire en 1973, c’est pour amorcer une carrière solo qui sera largement facilitée par Mick Jagger. Il y eut aussi ce joueur d’harmonica, Lee Jaffe, qui contribuera en grande partie au financement du fabuleux disque « Legalize It ». Il avait, pour cela, mis sur pied un trafic international de marijuana! Même si « Jah Guide » demeure l’hymne contestataire que le grand Tosh lui-même vous aurait recommandé, nous lui préfèrerons pour cette playlist de reggae music, le plus fédérateur « I Am That I Am ».

THE ABYSSINIANS – Satta Massagana

13
Enregistré au début des années 1970, « Satta Massagana » est l’un des hymnes majeurs du reggae roots. Le trio jamaïcain The Abyssinians y associe un chant à forte dimension spirituelle, notamment via des paroles en amharique, en lien avec l’univers rastafari. Le morceau a longtemps circulé dans les sound systems avant de devenir un standard international, souvent repris et versionné. Un pilier “conscious” qui a marqué durablement l’esthétique roots.

THE GLADIATORS – Rich Man Poor Man

14
Piliers de scène depuis les années 60’s / 70’s, The Gladiators enchaînent les classiques reggae roots. C’est Albert Griffiths qui aura ouvert la voie à ce groupe qui s’est toujours adapté aux différentes évolutions du genre, avant de passer la main à son fils. Parmi les succès légendaires, pourrions-nous citer des titres tels que « Good Foundation », « Roots Natty Roots » ou « Love Got the Power ». Entré discrètement et souvent en retrait du groupe, Clinton Fearon chante assez rarement. Il signe néanmoins le fabuleux « Rich Man Poor Man » qui retient notre attention, et qu’il reprendra bien plus tard en solo. À ce sujet, un petit détour sur YouTube pour y découvrir sa prestation live en acoustique sera aussi gratuit que jubilatoire.

TOOTS & THE MAYTALS – 54-46 Was My Number

15
The Maytals se sont formés en 1962, à une période où le early reggae se dessine peu à peu. Le groupe dénote par le chant de son leader charismatique, Toots Hibbert, souvent comparé à Otis Redding. Mais c’est l’entrée en scène du producteur Leslie Kong qui coïncidera avec l’explosion artistique du trio. Durant plus d’une décennie, The Maytals enchaînent les succès dont l’extraordinaire « 54-46 That’s My Number », sorti en 1968. Un cri d’injustice de Toots Hibbert incarcéré quelques mois plus tôt. Peine qu’il contestera par la suite, l’assimilant à un complot policier. La mort prématurée du mentor Leslie Kong sonnera le lent déclin du trio, qui jouira néanmoins du revival punk reggae ska alimenté par The Specials. Le groupe se sépare définitivement en 1982. Toots poursuivra sa route avec d’autres musiciens et remportera même un Grammy Award du meilleur album reggae pour son album « True Love » sorti en 2004.

U ROY – Natty Rebel

16
On sous-estime trop souvent le rôle prépondérant du reggae dans le développement de l’industrie musicale moderne. Alors qu’il n’avait pas 20 ans, U Roy officiait déjà comme DJ au sein des sound systems de Kingston. Aux côtés de King Tubby ou de Duke Reid, il va connaître une notoriété considérable en Jamaïque. Et lorsqu’il décide d’enregistrer ses morceaux, le style deejay va exploser et dominer la scène reggae music. En clair, U Roy est à l’origine des premiers tubes produits en tant que DJ. C’est-à-dire, celui qui « toaste » sur des pistes instrumentales (riddims). Mais il est aussi celui qui va inspirer un genre alors en gestation dans les années 70 : le rap! Sorti en 1976, « Natty Rebel » fut un hit mondial, largement soutenu par le label Front Line. Une filiale de Virgin, alors en mission d’exploration sur l’île jamaïcaine…
CULTURE – Why Am I a Rastaman? (pochette)
LEE “SCRATCH” PERRY – Panic In Babylon (pochette)
U ROY – Natty Rebel (pochette)

Revisitez 50 classiques du Rhythm & Blues des années 1940 aux années 1980 .

Dub, sound system & diaspora UK : l’âge d’or des versions

ALPHA & OMEGA – Pure And Clean

17
Le duo développe, depuis le début des années 1990, un roots dub à l’univers très londonien. Un dub instrumental reggae largement inspiré de figures tutélaires telles que Lee “Scratch” Perry, King Tubby ou Augustus Pablo, tout en mêlant habilement éléments analogiques et traitements numériques. « Pure And Clean » s’impose comme l’un des morceaux emblématiques de leur discographie et figure aujourd’hui parmi les classiques du dub UK.

ASWAD – Warrior Charge

18
Formé à Londres dans les années 1970, Aswad est l’un des groupes majeurs du reggae britannique. « Warrior Charge » illustre parfaitement leur période roots la plus engagée, avec une écriture consciente et une rythmique taillée pour les sound systems. Bien avant leurs succès plus accessibles, le groupe incarnait un reggae militant, profondément ancré dans la réalité sociale de la diaspora afro-caribéenne au Royaume-Uni.

AUGUSTUS PABLO – Marabi

19
Augustus Pablo demeure l’une des figures les plus spirituelles du reggae instrumental. Maître incontesté de la mélodica, il développe dès les années 1970 un dub méditatif et profondément mystique. « Marabi » s’inscrit dans cette veine contemplative, où chaque note semble suspendue dans l’espace. Le morceau illustre parfaitement la dimension introspective et presque liturgique du dub roots jamaïcain.

DILLINGER – Cocaine In My Brain

20
Issu de la première génération de deejays jamaïcains, Dillinger s’impose dans les années 1970 comme l’un des héritiers directs d’U-Roy. « Cocaine In My Brain » est un classique du toasting, dénonçant avec ironie les ravages de la drogue sur la société jamaïcaine. Porté par un riddim entêtant, le titre reste un incontournable des sound systems et des sélections roots.

DON CARLOS – Mr. Sun

21
Référence reggae roots absolument incontournable, également précurseur du style Waterhouse, Don Carlos est un rastafari authentique. Fondateur quasi fantomatique du projet Black Uhuru, il livre en 1982 ce « Mr. Sun » d’une grande douceur. Chaleureux et apaisant, le morceau illustre son sens aigu de la mélodie. On se souvient également de ses reprises inspirées, notamment « Satta Massagana », souvent interprétées sur scène.

GREGORY ISAACS – Night Nurse

22
Malgré un caractère souvent jugé autoritaire, « The Cool Ruler » développait un véritable penchant pour le lover’s rock. Gregory Isaacs fut aussi l’un des rares chanteurs roots à réussir sa transition vers le digital reggae. « Night Nurse », enregistré en 1982 au Tuff Gong Studio pour Island Records, est considéré comme son chef-d’œuvre absolu, porté par une interprétation d’une grande finesse.

KING TUBBY – King Tubby Meets Rockers Uptown

23
Véritable acte fondateur du dub moderne, « King Tubby Meets Rockers Uptown » marque un tournant décisif dans l’histoire du reggae. En déconstruisant le morceau original de Jacob Miller, King Tubby impose une nouvelle vision du studio comme instrument à part entière. Effets d’écho, ruptures rythmiques et basses profondes redéfinissent alors les codes de la production reggae.

LINTON KWESI JOHNSON – Inglan Is a Bitch

24
Poète et activiste britannique d’origine jamaïcaine, Linton Kwesi Johnson incarne le dub poetry militant. « Inglan Is a Bitch » décrit avec une grande lucidité la condition des immigrés caribéens en Angleterre dans les années 1970. Déclamé en patois sur une base dub minimale, le morceau transforme le reggae en outil politique direct et en puissant témoignage social.

MARTIN CAMPBELL – Ignorance & Poverty

25
Largement méconnu en France, Martin Campbell fut pourtant un vétéran du reggae et du dub. Britannique blanc émigré en Jamaïque durant son enfance, il développe très tôt une passion pour la musique locale. De retour au Royaume-Uni, il fonde le label Channel One UK et enregistre l’essentiel de son œuvre. « Ignorance & Poverty » demeure son titre le plus abouti.

NEW YORK SKA JAZZ ENSEMBLE – Take Five

26
NYSJE réinterprète, façon ska, de nombreux standards issus du jazz. Enrichi d’influences dancehall, reggae et rocksteady, le groupe sillonne les scènes internationales depuis le milieu des années 1990. Leur reprise de « Take Five », composition mythique de Dave Brubeck, transforme ce classique du jazz en un instrumental reggae efficace, parfaitement adapté aux transitions de mix.

SCIENTIST – Drum Song Dub

27
Protégé de King Tubby, Scientist s’impose à la fin des années 1970 comme l’un des ingénieurs du son les plus inventifs du dub. « Drum Song Dub » illustre sa maîtrise des consoles et des effets, avec une approche plus agressive et expérimentale. Le morceau témoigne de l’évolution du dub vers une forme plus technique, presque narrative, destinée aux sound systems.

STEEL PULSE – Your House

28
Le reggae des années 1980 fut porté par des formations majeures comme Steel Pulse. Groupe emblématique de la scène britannique, il développe un reggae engagé, profond et mélodiquement riche. Des titres comme « Your House » ou « Reggae Fever » synthétisent l’esprit militant et humaniste du groupe, qui parcourra ensuite les plus grands festivals reggae à travers le monde.
KING TUBBY – King Tubby Meets Rockers Uptown (pochette)
STEEL PULSE – Your House (pochette)
SCIENTIST – Drum Song Dub (pochette playlist reggae music)

Saviez-vous que bien avant le reggae, la Jamaïque baignait dans le jazz et le dub en est même le pont le plus évident ?

Reggae moderne & conscious : revival, diaspora et voix internationales

CHRONIXX – Here Comes Trouble

29
Figure de proue du reggae revival jamaïcain, Chronixx (Jamar McNaughton) impose ici une écriture sociale et spirituelle, centrée sur la pression quotidienne, la violence et la nécessité de garder le cap. Le titre s’est imposé comme l’un de ses marqueurs internationaux et a largement contribué à remettre le reggae “conscious” au premier plan au début des années 2010. Un morceau souvent cité comme porte d’entrée idéale vers son univers, entre roots moderne et message fédérateur.

DAMIAN MARLEY – Welcome To Jamrock

30
Jamrock, c’est la Jamaïque du Tiers-Monde. Celle que l’on ne montre pas. Mais celle qui vibre au son de la basse et des réverbes du dancehall. Le fils de Bob Marley flirte ici avec la perfection. Il produit, avec classe, une œuvre respectueuse de son lourd héritage. Et ce, tout en restant ancrée dans la réalité urbaine de ce début de 21ème siècle.

DENNIS BROWN – Here I Come

31
De son vivant, Dennis Brown a su contenter tout le monde : le grand public, les amateurs de roots profond et spirituel, mais aussi les sounds addicts. « Here I Come » fédère les trois tribus, avec une positive vibration chargée à bloc. Le rasta nous gratifie d’une interprétation magistrale, aussi sincère qu’envoûtante. Notez enfin que les amateurs de sax pourront se pencher sur ses collaborations avec Dean Fraser, particulièrement fructueuses sur le plan artistique, ou sur la chanson plus populaire « Easy Take It Easy ».

GROUNDATION – Weeping Pirates

32
Plébiscités par la presse musicale pour leur son roots, les Californiens de Groundation se laissent aller à une exploration sonore aussi énergique qu’inspirée. Nul ne pourra rester indifférent à leur positive vibration. Notez par ailleurs que l’album « Hebron Gate », sorti en 2003 et dont est extrait ce joyau musical, doit être considéré comme leur meilleur album. Selon nous, il peut même prétendre s’inscrire parmi le top 40 des meilleurs albums de reggae music de tous les temps.

IJAHMAN LEVI – Are We A Warrior

33
Voix majeure du roots jamaïcain, Ijahman Levi incarne une écriture spirituelle et militante, directement héritée de la tradition rastafari. « Are We A Warrior » s’inscrit dans cette veine “conscious” : l’artiste y interroge la dignité, la résistance et la force intérieure face aux épreuves. Son timbre habité, reconnaissable entre mille, a fait de lui une référence pour les amateurs de reggae profond, loin des effets de mode. Un morceau pensé comme un appel à tenir debout, collectivement.

ISRAEL VIBRATION – Natty Dread

34
Quelle histoire que celle de ce trio de gosses infirmes, voués à une misère crasse, et qui va connaître la renommée internationale après avoir adhéré au Mouvement Rastafari. Israël Vibration, c’est Apple Gabriel, Skelly, et Wiss. Ensemble, ils vont marquer les années 70, et Bob Marley les invitera régulièrement à occuper ses premières parties de concerts. La mort de la légende du reggae sonnera le glas d’une formation prometteuse, mais trop largement méconnue en terre jamaïcaine.

KABAKA PYRAMID – Well Done

35
Kabaka Pyramid s’est imposé comme l’un des lyricistes les plus respectés de la nouvelle génération jamaïcaine, à la croisée du reggae et d’une diction proche du “deejay style”. « Well Done » illustre ce positionnement : un morceau au ton affirmé, porté par une écriture directe et une énergie combative. L’artiste y défend l’exigence, la lucidité et l’élévation, dans une logique conscious moderne. Un titre souvent cité parmi ses signatures, idéal pour relier reggae revival et codes plus contemporains.

LUCKY DUBE – The Way It Is

36
Chantre de l’unité entre les hommes, qui n’aura eu de cesse de condamner toute forme de discrimination, Lucky Dube aura porté haut le reggae sud-africain. Un pays où il subira pourtant la politique d’apartheid. Celle qui sera responsable du fléau inéluctable de la criminalité galopante dans le pays de Nelson Mandela, et qui lui ôtera la vie en 2007. Gramps Morgan, du groupe Morgan Heritage, lui rendra un vibrant hommage à travers sa chanson « Always & Forever ». Sa fille Nkulee Dube aussi, d’une certaine manière, en poursuivant désormais son digne combat sur scène.

MO’KALAMITY – Reggae Vibration

37
Depuis son premier album « Warriors Of Light », Mo’Kalamity n’aura eu de cesse de façonner une identité musicale bien particulière. Un style situé entre le reggae roots et la soul. La chanteuse cap-verdienne s’est entourée pour cela de musiciens au groove implacable. Au casting par exemple : le guitariste Kubix, auteur d’un précieux opus reggae, soul & jazz. Forte de sa voix suave et aérienne, Mo’Kalamity délivre un reggae profond et militant. L’amour, le partage, la spiritualité, mais aussi la mère Afrique demeurent toujours au cœur d’un message qui tend à éveiller les consciences. À ce titre, on soulignera le big tune « Frontline », qui nous interpelle avec la constance du talent. Mo’Kalamity, c’est une œuvre ainsi qu’un parcours sincère. Une valeur sûre du reggae féminin, que la géniale paire de producteurs Sly & Robbie avait repérée bien avant tout le monde.

NASIO FONTAINE – Black Tuesday

38
Originaire de Sainte-Lucie, Nasio Fontaine s’est construit une réputation internationale sur un reggae roots à forte dimension spirituelle, souvent centré sur l’introspection et la justice sociale. « Black Tuesday » s’inscrit dans cette veine : une narration grave, portée par une voix profonde, qui évoque la douleur collective et la mémoire des jours sombres. L’artiste appartient à cette génération caribéenne (hors Jamaïque) qui a su prolonger l’esthétique roots tout en affirmant une identité propre, entre îles, diaspora et message universel.

PATRICE – Soulstorm

39
Repéré en 1999 grâce à son premier maxi « Lions », le lion étant un des fondements du mouvement Rastafari, Patrice Bart-Williams était un profil inespéré pour les major labels. Son reggae métissé, teinté de soul et de folk, correspondait à un segment très prometteur sur le marché du disque. Mais tout cela était sans savoir que l’artiste sierra-léonais, dont le prénom est un hommage au héros congolais Patrice Lumumba, ne se produisait pas dans un but mercantile. Patrice a soif d’authenticité. Son sweggae music n’est pas une niche artistique, sinon l’expression de ce qu’il est. Celui, en outre, qui transcende les frontières créées par l’homme et qui fédérait les âmes avec son puissant « Soulstorm » en 2005.

PROTOJE – Who Knows (feat. Chronixx)

40
Protoje, autre visage central du reggae revival, signe ici l’un de ses titres les plus fédérateurs, renforcé par la présence de Chronixx. « Who Knows » mêle réflexion sociale, optimisme et sens du refrain, dans une esthétique roots modernisée. Le morceau a largement circulé à l’international et a contribué à installer la “nouvelle vague” jamaïcaine sur les scènes et festivals hors Caraïbes. Une collaboration devenue emblématique : deux voix complémentaires, un message accessible, et une entrée parfaite vers le reggae conscious des années 2010.

S.O.J.A. (Soldiers of Jah Army) – True Love

41
S.O.J.A. (Soldiers of Jah Army) incarne la vague “reggae band” américaine, nourrie de roots jamaïcain, de pop et de codes rock, avec un accent mis sur les textes positifs et fédérateurs. « True Love » s’inscrit dans cette ligne : une chanson accessible, centrée sur la sincérité des sentiments et la recherche d’un amour stable, plutôt que sur la posture. Un choix pertinent pour ouvrir la playlist à la diaspora hors Jamaïque, sans perdre le fil conscious. Idéal dans une ambiance “soirée entre amis”, simple et efficace.

TAKANA ZION – M’Makolon

42
Takana Zion est l’une des grandes figures du reggae ouest-africain, originaire de Guinée, connu pour un discours social et panafricain assumé. « M’Makolon » s’inscrit dans cette dynamique : un reggae chanté avec une identité locale forte, à la fois dans la langue, la rythmique et les thèmes. L’artiste a contribué à installer durablement le reggae africain sur les circuits francophones et au-delà, en restant fidèle à la veine roots et à la vocation “message”. Un bon relais entre conscience sociale et énergie live.

TIKEN JAH FAKOLY – Délivrance

43
Les cultures africaines et jamaïcaines sont à l’unisson pour nous offrir une qualité de son, voire une orchestration typiquement « Tuff Gong ». L’artiste ivoirien s’est entouré de musiciens légendaires pour accuser l’oligarchie qui mine l’Afrique. Un titre puissant, galvanisé par des cuivres désolés, mais qui portent le message de tout leur souffle. L’album « Françafrique », sorti en 2002, peut être considéré comme une œuvre marquante pour la jeunesse du continent noir. Il figure dans notre top 10 reggae music de ces 20 dernières années. Et si Tiken Jah nous a gratifié de belles collaborations avec notamment Ken Booth ou Max Romeo, celle avec le groupe Akae Beka restera probablement l’une des plus abouties artistiquement.
IJAHMAN LEVI – Are We A Warrior (pochette)
PROTOJE – Who Knows (pochette playlist reggae music)
TIKEN JAH FAKOLY – Délivrance (pochette)

Envie d’une lecture plus francophone? Retrouvez les œuvres de Danakil, Yaniss Odua et autres Namaân sur notre playlist de reggae français.

Reggae accessible & fédérateur : hymnes positifs pour finir la playlist

ANTHONY B – World a Reggae Music

44
Le reggaeman né à Clarks’ Town (Jamaïque) est une véritable bête de scène. Il entretient par ailleurs une relation très particulière avec le public français. Lequel est très réceptif à un art qui revendique ici son importance capitale. Un art comme exutoire d’une jeunesse, mais aussi un moyen de s’extirper d’une misérable condition. Bien évidemment, sur ce magistral « World a Reggae Music » de 2005, Anthony B ne manque pas de critiquer son gouvernement. Un pouvoir peu prompt à valoriser celles et ceux qui contribuent à la promotion d’une culture pourtant reconnue et appréciée à travers le monde.

COLLIE BUDDZ – Love & Reggae

45
Artiste bermudien, Collie Buddz s’est imposé avec un reggae moderne, solaire et très accessible, à la croisée du roots, du dancehall “soft” et des formats radio. “Love & Reggae” résume bien cette ligne : un message positif, une vibe estivale, et une production pensée pour fédérer au-delà des puristes. Un choix idéal pour une fin de playlist grand public, sans basculer dans le ragga pur.

KOFFEE – Toast

46
À partir d’une simple guitare acoustique et de sa voix, la native de Spanish Town captive déjà les foules. Quant à son reggae, il est déjà très profond pour une jeune femme d’une vingtaine d’années. Il aborde les thèmes de la violence de la rue, de l’injustice sociale ou du désœuvrement de la jeunesse. Koffee enregistre, en 2018, le titre « Toast » comme l’hymne de sa gratitude à l’égard de toutes celles et ceux qui ont accompagné une ascension dont elle semble être la première surprise.

NAÂMAN – Outta Road

47
Comme bien des jeunes de l’Hexagone, Naâman s’est familiarisé avec le reggae en mixant des vinyles 45 tours, puis en évoluant au sein de formations musicales au succès relativement confidentiel. Mais le Normand possède un talent largement perceptible. La célèbre émission radio « Party Time » précèdera l’invitation de nombreux festivals qui conforteront la création d’un premier album très remarqué en 2013. Certifié disque d’or sans réel relais médiatique, son second album « Rays of Resistance » sera également un succès critique. Il renferme notamment le magistral « Outta Road », qui s’ajoute au track « Chill Out » parmi les standards de ses tours de chant. Sillonnant le monde au service du roots rockers comme du raggamuffin, il est régulièrement qualifié de « surdoué du reggae » par le magazine ReggaeVibes, qui lui a consacré une première de couverture aux côtés du Jamaïcain Chronixx en 2017.

RITA MARLEY – One Draw

48
Certes, les premières pages du reggae féminin ne s’illustrent pas uniquement par le nom de celle qui fut l’épouse de Bob Marley. On pourrait, en effet, considérer que les « Queens » Louisa Mark et Barbara Jones l’ont quelque peu précédée. Par ailleurs, Phyllis Dillon et Marcia Griffiths, avec qui Rita formait les I-Threes, avaient déjà un parcours significatif en studio. Mais Rita Marley est une icône dont il faut restaurer l’apport colossal et sous-estimé. L’adepte du mouvement rasta, qui peut s’enorgueillir d’avoir vu Haïlé Sélassié à Kingston en 1966, aura eu une influence majeure sur sa propre génération de femmes ainsi que celles à venir. Du groupe Akabu à l’excellente Sara Lugo (souvenez-vous du « Really Like You » avec Protoje en 2014), toutes se souviennent de ce magistral « One Draw » qui s’inscrivait parmi les meilleurs titres reggae des années 80/90.

THIRD WORLD – Mr Reggae Ambassador

49
Stephen ‘Cat’ Coore et Michael ‘Ibo’ Cooper ont quitté le groupe Inner Circle pour former Third World en 1973. Leurs prestations live, de très bonne facture, ont toujours été marquées par de longs et délicieux passages improvisés. Un reggae complexe, du fait de leur formation musicale très avancée. Laquelle dénote quelque peu avec le tubesque « Sweat (A La La La La Long) » qui faisait de Inner Circle l’un des groupes les plus en vue de l’année 1993. À l’opposé des « Bad Boys » du reggae music, Third World s’interroge. Dans « Mr Reggae Ambassador », qui demeure le plus grand succès du groupe, Bunny Rugs se demande comment une musique si grande peut-elle venir d’un si petit rocher nommé Jamaïque.

UB40 – Red Red Wine

50
Le blues triste d’un Neil Diamond à la voix chevrotante dépeignait, en 1968, l’amertume d’un homme face à une rupture amoureuse. La bouteille de rouge et l’ivresse devenant alors ses ultimes refuges. Un an plus tard, le Jamaïcain Tony Tribe s’appropriait la même chanson dans un reggae lancinant. En 1983, le groupe UB40, jusque-là associé au dub, nous vantait, a contrario, les vertus du vin comme échappatoire joyeuse. Il apaise, transporte et aide à surmonter la fatalité. L’accompagnement musical est enjoué et coloré tandis que le chanteur Astro se livre à quelques toasts enjoués.
ANTHONY B – World a Reggae Music (pochette playlist reggae music)
NAÂMAN – Outta Road (pochette)
RITA MARLEY – One Draw (pochette)

Explorez nos choix forts de morceaux Dancehall & Ragga avant d’injecter une dose de feu jamaïcain à votre soirée.