Playlist Rumba Congolaise : 25 chansons incontournables pour faire la fête
La rumba congolaise est une réappropriation de la rumba cubaine des années 1930, qui inondait alors l’Afrique centrale en raison de stocks de disques invendus en Occident. Elle va connaître son âge d’or dans les années 1960, pour finalement s’inscrire au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2021.
Dépassant largement le seul cadre musical, la rumba est aussi une danse en perpétuel renouvellement. Elle implique un savoir-vivre vestimentaire qu’aucun artiste, qui la représente, ne saurait négliger. Ces derniers sont dénommés les sapeurs.
Quel-DJ est ravi de vous suggérer une sélection de 25 titres majeurs d’hier et d’aujourd’hui. Cette dernière se concentre principalement sur des ambiances fédératrices et conçues pour danser.
Bonne (re)découverte!
- Atmosphère : Festive, élégante, dansante & intergénérationnelle
- Styles : Rumba classique, Soukous, Ndombolo, Rumba moderne, Pop-Urbaine
- Région : Bassin du Congo (RDC & République du Congo)
- Utilisation DJ : Mariage afro, soirée tropicale, animation de piste
Sommaire
L’Âge d’Or de la rumba congolaise et les Maîtres Fondateurs
FRANCO & LE TP OK JAZZ – Mario
“Mario” est l’histoire d’un gigolo qui vivote de “services” rendus auprès de veilles femmes riches, mais qui est jaloux, violent et incapable d’assouvir les besoins de sa propre épouse. Des paroles peu universelles, mais servies par une orchestration magistrale qui fait de ce titre un monument de la musique congolaise.
Son succès est interplanétaire voire voué à une certaine intemporalité.
TABU LEY ROCHEREAU – Maze
Tabu Ley Rochereau, c’est plus de 3 000 chansons en 46 ans de carrière. Une oeuvre aux arrangements musicaux soignés, aux messages profonds, que les véritables mélomanes écoutent scrupuleusement avant toute embardée vers la piste de danse. Au sein de son orchestre African Fiesta National, il sera parmi les premiers à adopter la batterie comme instrument d’une rumba congolaise qu’il n’a eu de cesse de célébrer à travers le monde.
SIMARO LUTUMBA – Verre Cassé
Surnommé « Le Poète », Lutumba Simaro est une figure incontournable du Tout-Puissant OK Jazz, l’orchestre de Franco. Verre Cassé est un monument lyrique absolu de la rumba. Le texte file la métaphore du verre brisé pour évoquer une relation amoureuse irrémédiablement abîmée. Musicalement somptueux, c’est un titre à savourer pour ses guitares cristallines et sa poésie mélancolique.
JOSKY KIAMBUKUTA – Chandra
Il a contribué à écrire les plus belles pages de Tout-Puissant OK Jazz dans les années 70. Avec Dr Nico et le African Fista Sukisa, Josky Kiambukuta a également collaboré à une avalanche de tubes qui ne feront qu’amorcer une carrière longue de cinquante ans. Sa voix, tantôt grave, tantôt aiguë, résonne toujours dans le cœurs des vrais mélomanes. Quant à « Chandra », le titre cristallise finalement cinquante ans de carrière au service d’une rumba congolaise bénie par la grâce.
MADILU SYSTEM – Ya Jean
Décédé en 2007, à l’age de 57 ans, le natif de Kisantu aura largement contribué au rayonnement de la rumba congolaise et du soukous à travers le monde. Madilu System, également surnommé « Le Grand Pharaon », avait intégré au cours de sa carrière l’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau puis le TP OK Jazz de Franco. Son titre phare, « Ya Jean » fut un tube très important lors de sa sortie en 1994.
MOSE SE SENGO « FAN FAN » – Papa Lolo
Ancien guitariste rythmique légendaire du TP OK Jazz, Fan Fan a par la suite conquis toute l’Afrique de l’Est. Papa Lolo, sorti en 2004, est un succès monumental. Avec son jeu de guitare hypnotique et son rythme imparable, ce morceau fait danser toutes les générations et rappelle que la rumba est une musique panafricaine par excellence.
THÉO BLAISE KOUNKOU – Eden
Né le 24 avril 1950 à Poto-Poto, en République du Congo, Théo Blaise Kounkou, alias TBK, a démarré sa carrière musicale au sein des groupes vocaux puis dans les chorales de l’église catholique. Le Bénin où il s’était installé pour les études, au milieu des années 1970, lui donne l’opportunité d’intégrer le groupe « Poly ryhmo » de Cotonou. À la fin des années 70, Il crée en Côte d’Ivoire avec Sam Mangwana l’Africa All Star. Il a arrangé avec Maika Munan l’album « Droit Chemin » de Fally Ipupa. Ces chansons à succès ont fait le tour du globe et sont considérées comme des bijoux dans l’écrin musical de l’Afrique.



Les Grandes Voix Féminines de la rumba congolaise
ABETI MASIKINI – Chérie Bade
Issue d’une famille bourgeoise, Abeti Masikini débute sa carrière dans la sphère mondaine. Elle fréquente les personnalités éminentes de son époque, dont le couturier Pierre Cardin qui sera le mécène de son premier album. Bien que célébrée à l’étranger, elle ne suscite pas un grand intérêt auprès du public congolais. Celui-ci s’avère peu réceptif à sa musique, jugée originale mais dépourvue d’authenticité. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que Masikini réalise l’importance de conquérir son propre pays. Elle y parvient en produisant des albums finalement tournés vers la rumba congolaise. Surnommée la « tigresse », elle a révolutionné la perception de la musique africaine, traditionnellement dominée par les hommes. En rivalité avec M’Pongo Love, elle a même adopté le style soukous, interprétant des succès tels que « Je suis fâché » en 1986. « Cherie Bade », morceau chanté en 1981, demeure l’une de ses plus belles compositions de rumba congolaise.
MBILIA BEL – Nakei Nairobi
Ancienne choriste puis danseuse de Abeti Masikini de 1976 à 1980, Mbilia Bel demeure une autre grande figure féminine de la rumba congolaise. Sa carrière sera marquée par son passage dans l’orchestre Afrisa de Tabu Ley Rochereau, monstre sacré de la musique congolaise qu’elle épousera par la suite. En solo, elle enregistrera de nombreux tubes, tel que ce « Nakei Nairobi » plébiscité par toutes les générations du continent.
M’PONGO LOVE – Ndaya
La voix féminine de la rumba congolaise est douce et mélancolique. Belle dans son timbre aigue, mais belle aussi dans son expression en Lingala. Entre le corps fragilisé qui l’incarne et le public, le coup de foudre est immédiat et total. M’Pongo Love est son nom de scène. Et malgré sa courte existence, la native de Boma lèguera à l’Afrique une oeuvre courageuse, intense et profonde. N’en témoigne que ce sublime « Ndaya », chanson d’amour d’une femme confiante en la force de son couple.
FAYA TESS – Mongali
Qui de mieux placé que l’ancienne choriste de Tabu Ley Rochereau pour perpétuer la mémoire du grand maître? Celui qui a légué à l’Afrique une œuvre immense, que les jeunes générations doivent absolument connaître. Avec sa voie grave, enveloppée de velours, Faya Tess se réapproprie ici un titre emblématique qui nous replonge dans les plus belles heures de l’orchestre Afrisa International. Un sans faute que Tabu Ley a par ailleurs plébiscité de son vivant.
PATIENCE DABANY – On Vous Connait
Bien qu’étant la figure emblématique (et ex-Première dame) du Gabon, Patience Dabany a toujours fusionné son art avec la fine fleur des musiciens congolais. On Vous Connait est une machine de guerre calibrée pour les pistes de danse. Ses rythmiques rumba/soukous ultra-énergiques sont le secret des DJ pour enflammer une soirée africaine.
BARBARA KANAM – Lisanga Ya Ba Mbanda
Grande révélation africaine dans les années 90/2000, Barbaka Kanam est aujourd’hui considérée comme l’une de plus belles voix féminines en exercice. Sa carrière débute aux cotés de Alpha Blondy, qui l’engage en 1995 pour ses tournées. Koné Dodo, producteur du célèbre reggae-man ivoirien, aura, quant à lui, la bonne intuition d’exploiter la voix inouïe de la diva dans un premier disque qui sera un grand succès. De ses débuts, marqués par le gospel ainsi qu’une inspiration évangélique, le parcours de la native du Bukavu Zaïrois s’ouvrira assez rapidement à l’afro-dance music. Dans « Lisanga Ya Ba Mbanda », une rumba à la splendeur toute congolaise, Barbaka Kanam rend un hommage vibrant à ses aînés, notamment à l’ Impératrice de la Musique congolaise: Mbilia Bel.



Acte 3 : Les Héritiers et les Rois de la Sape
PAPA WEMBA – Yolélé
Entre les deux rives du fleuve Congo, les artistes sont légion. Mais rares sont ceux qui, comme Papa Wemba, se sont imposés telles des légendes, au gré d’une carrière dense et longue de plus de cinquante ans. Papa Wemba, c’est la rumba. Une rumba qu’il n’a pas créé mais dont il a largement contribué au rayonnement à travers le monde. Cofondateur de Zaïko Langa Langa et fondateur de Viva La Musica, le roi de la sape (à égalité peut être avec Rapha Bounzeki) se savait touché par la grâce divine. Si nombre d’artistes, avec lesquels il a collaboré, lui ont permis de se frayer un destin hors-norme, le natif de l’ex Congo belge n’aura pas méprisé sa relève. C’est ainsi qu’il a recruté et formé des talents aujourd’hui reconnus comme King Kester Emeneya ou Awilo Longomba.
KING KESTER EMENEYA – Cigarette
Introduit grâce à Shagi Sharufa, King Kester Emeneya est d’abord membre du groupe Viva La Musica de Papa Wemba. Mais son leadership naturel et sa vision musicale l’obligent à quitter cette formation légendaire dès 1982. Il fonde alors le Victoria Eleison. En véritable roi de la sape, et devenu maître de son art, le natif de Kikwit modernise alors le style musical congolais. D’abord à travers l’introduction du synthétiseur dans la composition de ses chansons. Par ailleurs, en perfectionniste soucieux de l’importance de la qualité de ses enregistrements, il emploiera tous les moyens afin d’apporter à son public des productions irréprochables. Au gré d’une carrière longue et jalonnée de chansons devenues cultes, King Kester Emeneya vendra plusieurs millions de disques. Mais c’est surtout sur scène que s’exprime le mieux son talent, qui a conquis le monde entier et récolté de prestigieuses distinctions.
BOZI BOZIANA – La Reine de Sabah
Après avoir fait montre de l’étendu de son talent au sein de la grande école de Zaïko Langa Langa, le parcours de Bozi Boziana s’avère ensuite plus difficile. Les projets musicaux auxquels il contribue, pendant la première partie des années 80, s’avèrent peu concluants. L’artiste kinois ira donc s’établir en Europe, là où d’aucuns le penseront alors finit. Mais tout cela est sans compter sur l’opiniâtreté qui symbolise parfaitement le parcours de cet habile musicien. L’orchestre Anti Choc, qu’il monte en 1986, va lui permettre d’entériner son statut d’artiste majeur de la scène musicale congolaise. « La reine de Sabah », où le chanteur déclare sa flamme à son épouse Faty, est un succès énorme. Aujourd’hui encore, la chanson sonne comme un hymne majeur de la rumba congolaise.
REDDY AMISI – Rendez-Vous
Surnommé « Bailo Canto » par Papa Wemba, son mentor lorsqu’il évoluait avec l’orchestre Viva la Musica, Reddy Amisi est un baryton qui aura marqué son temps. Avec sa voix cassée, il a conquis toute une Afrique qui est demeurée sa principale préoccupation en tant qu’artiste. C’est en solo, en 1994, qu’il signe son magistral « Rendez-Vous ». La complainte d’un homme amoureux, déplorant l’abondon d’une bien-aimée qui ne prend même plus la peine de respecter un rendez-vous fixé à ses côtés.
CARLYTO LASSA – Makolo Ya Massiya
C’est le grand baryton de la rumba, Gérard Madiata, qui fut le premier à déceler les qualités vocales de Charles Ndombasi Lassa (dit Carlyto). La musique populaire de RDC trouvera en Carlyto un apport discret et besogneux, au service d’abord de Lutumba Simaro puis au sein de l’orchestre Choc Star. C’est en exil à Paris que l’artiste signe le merveilleux “Makolo ya Masiya”, qui rencontre par ailleurs un vif succès. Mais sa vie nouvelle ne lui inspirera jamais le désir de défendre son talent sur scène. La parole du Christ étant devenu son nouveau cheval de bataille.



Acte 4 : La Rumba Moderne et les Nouveaux Ténors
FERRE GOLA – Jugement
Ferre Gola doit désormais être considéré comme l’un des ténors de la scène musicale congolaise. Sa génération est celle qui modernise la rumba en puisant savamment dans les sonorités actuelles du R’n’B, de la pop urbaine, mais qui mixe aussi le genre avec du ndombolo voire du soukous. Depuis Rumba des Jeunes, Wenge Musica, Les Marquis de Maison Mère et Quartier Latin, le désormais quarantenaire a connu une ascension fulgurante. Tout cela par la grâce d’un travail ainsi que d’une créativité insatiables. Éminence de la sape, Ferre Gola rivalise aujourd’hui avec ceux que la rumba produit de mieux: à savoir Fally Ipupa et Koffi Olomidé.
FALLY IPUPA – A Flyé
La nouvelle génération de la rumba congolaise s’incarne en la personne de Fally Ipupa, superstar africaine désormais incontestée. Quand sortait en 2018 son cinquième album, sobrement baptisé « Control », d’aucuns se demandaient si le maestro saurait répondre brillamment à Ferre Gola. Lequel qui avait mis la barre très haute un an plus tôt, en signant l’opus QQJD. Et les statistiques parlent d’elles-mêmes… Fally truste toutes les plateformes de streaming et ses mélodies raisonnent toujours dans toutes les fêtes afro. « A Flyé », qui s’inscrit parmi les rumbas le plus appréciées à ce jour, rappelle avec une certaine mélancolie que le bonheur se trouve en nous-même. L’amour d’une personne est un sentiment qui participe au bonheur, certes, mais qui peut vous abandonner aussi brutalement qu’il est venu frapper à la porte de votre cœur.
HÉRITIER WATANABE – B.M
À peine libéré de son groupe formateur, le prodigieux Wenge Musica Maison Mère de Werrason, Héritier Watanabe livrait aux amateurs de rumba congolaise l’une des plus belles chansons du genre. C’est l’ivoirien David Monsoh qui produira ce « B.M » en juillet 2016. Une complainte adressée à une certaine Bernadette Masengu, femme que l’interprète aime par dessus tout, mais qui semble lui avoir tourné le dos… Un classique.
CELEO SCRAM Feat FERRE GOLA – Wenze Ya Minzemba
D’abord recruté par Wenge Musica Maison Mère, dont il finira par prendre la direction du secteur ambiance, Celeo Scram a affiché très vite ses ambitions. C’est ainsi qu’il prend son envol, dès le début des années 2000, afin de produire des hits dont il est devenu coutumier. Aux côtés de l’incroyable Ferré Gola, sa performance sur « Wenze Ya Minzemba » atteste que le kinois détient le secret d’une rumba congolaise vouée à figurer parmi les classiques du genre.
CINDY LE CŒUR – Université
Cindy Le Cœur officiait dans la musique chrétienne avant de rejoindre le groupe Quartier Latin de Koffi Olomide. Et le moindre que l’on puisse dire, est que sa voix douce et divine semble avoir trouvé grâce auprès du grand Mopao. Ce dernier qui ne lésine pas sur les moyens pour édifier sa petite protégée. Une collaboration qui n’est pas sans rappeler celle des légendes de la rumba congolaise que sont Tabu Ley et Mbilia Bel, à la différence peut être que la « Cléopâtre de la musique Congolaise » semblait jouir d’une plus grande liberté artistique. « Université » nous renvoie au Koffi des années 80 et s’apparente à un recyclage de la chanson « Djino » dont le rythme, langoureux et très proche, avait alors conquis les mélomanes. Souhaitons à Cindy LE Cœur un destin comparable à celui de sa figure tutélaire…
DIAMOND PLATNUMZ Feat FALLY IPUPA – Inama
Diamond Platnumz est tanzanien, certes. Mais la superstar bling bling du bongo flava accorde ici le miel de sa voix à celle, non moins suave du congolais Fally Ipupa. Ce titre, c’est un peu l’Afrique qui gagne. Une vraie réussite artistique.
SINGUILA (feat Koffi Olomidé) – La Femme de Quelqu’un
L’artiste R&B franco-congolais Singuila invite le Grand Mopao (Koffi Olomidé) pour un crossover parfait entre pop urbaine et rumba romantique. En soirée, ce titre ultra-moderne fait office de pont idéal entre les générations pour rassembler tout le monde sur le dancefloor.



FAQ – Rumba Congolaise et Animation
Origines, styles dérivés et conseils de programmation : découvrez comment intégrer la Rumba à votre événement.
Origine
D’où vient la Rumba Congolaise ?
La Rumba Congolaise est née dans les années 1930/1940 dans le bassin du Congo (Kinshasa et Brazzaville). Elle est le fruit de la réappropriation de la rumba cubaine (apportée par les disques importés) par les musiciens locaux, qui l’ont mixée avec les polyrythmies africaines et des guitares électriques au style « cristallin ». Elle a été inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2021.
Sous-genres
Quelle est la différence entre la Rumba, le Soukous et le Ndombolo ?
La Rumba est la base historique, souvent jouée à un tempo modéré, mettant en avant le chant et les mélodies de guitare romantiques. Le Soukous (apparu dans les années 70/80) est la version accélérée de la Rumba, pensée pour enflammer les pistes de danse en club (ex: Awilo Longomba). Enfin, le Ndombolo (années 90) est un dérivé extrêmement rythmé et chorégraphié (Koffi Olomidé, Werrason), propulsé par des animateurs (« atalaku ») qui « ambiancent » la chanson.
Animation DJ
Comment programmer la Rumba dans une soirée de mariage ?
Pour un mariage africain ou afro-caribéen, la Rumba classique (Franco, Tabu Ley) est idéale pendant le repas, car elle installe une ambiance chic, respectueuse des anciens et propice aux discussions. Au moment d’ouvrir la piste, il est recommandé de basculer vers le Ndombolo, le Soukous, ou les rumbas modernes très cadencées (Fally Ipupa, Ferre Gola) qui appelleront inévitablement toutes les générations à danser ensemble.
